Société

Expulsée pour avoir hébergé cinq chats dans son garage

Par France Bleu Provence, France Bleu Provence et France Bleu jeudi 20 avril 2017 à 21:17

Cinq chats vivent avec croquettes et litière dans le garage de Liliane Dutel, un garage individuel qui donne sur la cour d'une copropriété.
Cinq chats vivent avec croquettes et litière dans le garage de Liliane Dutel, un garage individuel qui donne sur la cour d'une copropriété. © Radio France - DR

Le bailleur social d'une septuagénaire du quatrième arrondissement de Marseille l'expulse du garage qu'elle loue car elle y héberge cinq chats. Promo Logis se défend en invoquant une nécessité commerciale.

Chez Liliane, il y a trois chats, traités comme des rois. Et dans son garage, les cinq qu'elle héberge ont droit au même confort... Des tapis, des coussins, des gamelles de croquettes, des litières toutes propres. Et tout cela est bien caché derrière sa voiture, impossible de voir depuis l'extérieur.

Pourtant, cette installation ne plait pas à certains de ses voisins. D'après eux, les bestioles font leurs griffes sur les carrosseries de leurs voitures. Un propriétaire la harcèle, lui parle avec agressivité. "J'ai eu très peur, j'ai hâte que tout cela se termine", raconte-t-elle, lasse.

En mai 2016, Liliane reçoit une lettre d'expulsion de son bailleur. Promo Logis ne fait pas mention des chats, mais invoque un argument commercial pour faciliter la vente d'appartements dans l'immeuble.

La septuagénaire conteste la décision et va au tribunal. Le jugement rendu le 15 décembre l’oblige à quitter son garage dans un délai de trois mois. Liliane Dutel fait appel avec l'aide de son avocat, Maître Isabelle Terrin et elle lance une pétition en ligne.

"Remettre les chats à la rue les exposerait à une mort certaine."

Elle propose à la SPA de reprendre ses chats mais l'association refuse, car ils sont encore sauvages. Ne voulant pas les abandonner, elle proposera à son bailleur de racheter son garage pour pouvoir continuer à héberger ses petits protégés.

Devant la cour d'appel, son avocate invoquera la loi de 2015 qui reconnait la sensibilité des animaux. Remettre les chats à la rue les exposerait à une mort certaine selon elle.