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Société

Extension de la PMA : l'Académie nationale de médecine émet des réserves

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Par , France Bleu

L'Académie nationale de médecine a rendu public ce samedi un rapport, dans lequel elle soulève "un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales" relatives à l'extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules ou en couple avec une autre femme.

La statue d'Hippocrate, au sein de l'Académie Nationale de Médecine
La statue d'Hippocrate, au sein de l'Académie Nationale de Médecine © AFP - JOEL SAGET

France

Alors que le projet de loi de bioéthique doit être débattue à partir de mardi à l'Assemblée nationale, l'Académie nationale de médecine a rendu public ce samedi un rapport sur cette réforme, qui inclut l'ouverture de la PMA à toutes les femmes (en couple avec une femme, un homme, ou célibataire). Dans ce texte de sept pages, l'Académie nationale de médecine estime que "la conception délibérée d'un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure, qui n'est pas sans risques pour le développement psychologique et l'épanouissement de l'enfant." "La figure du père reste fondatrice pour la personnalité de l'enfant", peut-on également lire. D'un autre côté, l'ANM "reconnait la légitimité du désir de maternité chez toutes les femmes quelle que soit sa situation". 

Des études "à partir d'enfants privés de père" 

L'Académie nationale de médecine souligne également que l'absence d'impact régulièrement avancé par les défenseurs d'une telle mesure s'appuie sur des évaluations dans quelques pays européens et anglo-saxons, mais estime que les données ne sont pas convaincantes sur le plan méthodologique. L'ANM souhaite donc que soient menées des "études en milieu pédopsychiatrique à partir d'enfants privés de père, parmi lesquels ceux issus de l'AMP (ndlr : Assistance Médicale à la Procréation) pour des femmes seules ou en couples".

L'Académie nationale de médecine estime de "son devoir" de soulever des "réserves liées à de possibles conséquences médicales", et souligne : "S'agissant, selon elle, d'une mesure à caractère sociétale, et au delà des convictions de chacun, l'ANM ne s'estime pas à même de donner un avis hors du champ de ses missions".

"Peut-on accepter qu'un enfant soit délibérément privé de père ?" — Jean-François Mattéi, rapporteur du rapport

Selon Jean-François Mattéi, le rapporteur du rapport, interrogé sur franceinfo, "le père et la mère n'ont pas le même rôle dans l'éducation d'un enfant. Ça ne veut pas dire que nous ne comprenons pas que toute femme puisse avoir un désir de maternité. C'est tout à fait légitime. Quand on prend la discussion par le biais du désir des femmes d'être mère et d'élever un enfant, il n'y a rien à dire. En revanche, quand on se penche sur cette question par le biais de l'enfant, peut-on accepter qu'un enfant soit délibérément privé de père ? Nous disons : attention, il y a des risques, pour son épanouissement et son futur."

Pour Jean-François Mattei, la question de la PMA n'a "rien de médical". "La fécondation in vitro date du début des années 80, l'insémination artificielle date des années 70. Mettre ce sujet dans la loi de bioéthique est une erreur." "Sur le plan sociétal, chacun a ses convictions, conclut-il. Mais sur le plan médical, les psychiatres nous disent : nous ne sommes pas toujours capable de dire ce qu'apporte un père mais en revanche, nous sommes capables de dire ce que son absence provoque. C'est aussi clair que ça."

"Nos familles, elles existent déjà !"

Anne-Sophie Duperray, la co-présidente de Mam'en solo, qui réagissait sur franceinfo ce dimanche, considère que Jean-François Mattéi fait fausse route : "Le conseil national de l'ordre des médecins et le conseil national des gynécologues de France y sont tout à fait favorable (NDLR : à l'extension de la PMA). Donc oui, je pense qu'il fait fausse route. On est en effet face à une loi qui est à la croisée du sociétal et du médical, et qu'il y a des questions éthiques, et qu'il faut en parler." 

Cette maman célibataire, qui a eu sa fille grâce à une procréation médicalement assistée au Danemark reprend : "Il dit « L'homme et la femme, le père et la mère, n'ont pas le même rôle, dans l'éducation de l'enfant. » Il me semble que cette conception sexuée relève d'un autre temps ! D'ailleurs même dans les couples hétérosexuels, on ne dit plus ça aujourd'hui. Ce qui est clair, c'est qu'il y a besoin d'un autre. Mais c'est pas forcément un père, ça peut être une autre mère, un grand-parent, un instituteur... "

Anne-Sophie Duperray conclut : "Quand on parle d'un principe de précaution, ça veut dire qu'on sait pas ce qui va se passer. Mais nos familles, elles existent déjà ! Et certains de ces enfants issus de "familles non traditionnelles" sont devenus des adultes aujourd'hui. Et eux le disent, qu'ils vont bien !"

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