Société

Eysines : sept agents du foyer de l'enfance en conseil de discipline pour avoir alerté sur leurs conditions de travail

Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 25 septembre 2017 à 19:21

Quelques salariés à l'origine de la lettre ouverte, publiée au mois d'avril.
Quelques salariés à l'origine de la lettre ouverte, publiée au mois d'avril. © Radio France - Pauline Pennanec'h

Au mois d'avril dernier, ils publiaient une lettre ouverte pour alerter les élus et les médias sur la violence de certains pensionnaires vdu Centre départemental de l'enfance et de la famille (CDEF) d'Eysines. Ils risquent à présent jusqu'à la révocation pour manquement au devoir de réserve.

Ils étaient neuf à avoir signé la lettre ouverte au mois d'avril. Aujourd'hui, un a démissionné, et une n'a pas été prolongée à l'issue de son CDD. Cinq ont déjà été entendus au début du mois de septembre par le conseil de discipline de leur entreprise. Les deux autres le seront mardi après-midi. Dans le même temps, la CGT organise un rassemblement de soutien. De leur côté, les deux syndicats représentés dans l'établissement, Sud et Force Ouvrière ont décidé de se tenir à l'écart.

Le centre se situe proche de l'hippodrome à Eysines. - Radio France
Le centre se situe proche de l'hippodrome à Eysines. © Radio France - Pauline Pennanec'h

Ce qui leur est reproché, c'est d'avoir manqué à leur devoir de réserve, et d'avoir porté atteinte à l'image de leur entreprise, ce qui est interdit aux fonctionnaires. Ils risquent un vaste panel de sanctions, allant du blâme à la révocation. De son côté, la direction calme le jeu, et explique par la voix de la directrice de l'établissement Barbara Proffit, qu'elle "est dans un esprit d'erreur positive, et dans une remise en question".

Les réactions de Patrice Coeymans (CGT), et de Barbara Proffit, la directrice de l'établissement.

Dans cette lettre ouverte, ils dénonçaient la violence fréquente de certains des pensionnaires placés dans cet établissement, et en difficultés sociale et familiale. De fait, les agressions physiques, les bagarres, les fugues et les menaces entre enfants se sont multipliées, d'après les signataires. Certains des jeunes auraient même été victimes d'agressions sexuelles. Au total, environ 300 agents travaillent dans ce centre, qui accueille en moyenne 130 pensionnaires, entre 18 mois et 21 ans.