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Fake news : une loi "pour protéger" mais pour protéger qui ?

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Par , France Bleu Isère

Depuis 2017 on ne dit plus "mensonges" ou "intox", mais "fake news". Face à ces fausses informations qui circulent volontiers sur les réseaux sociaux, le gouvernement a prévu de légiférer. Pour l'enseignant-chercheur Yannick Chatelain, ce n'est pas la solution.

Yannick Chatelain, enseignant à Grenoble Ecole de Management, spécialiste de la communication sur internet et sur les réseaux sociaux était notre invité ce mardi
Yannick Chatelain, enseignant à Grenoble Ecole de Management, spécialiste de la communication sur internet et sur les réseaux sociaux était notre invité ce mardi © Radio France - Nicolas Joly

"Éric Piolle n'habite plus à Grenoble et il roule en 4x4." Ah bon ? "Christophe Ferrari a trouvé une valise pleine d'or au Pont-de-Claix." Vraiment ? Ces deux fake news ont beaucoup circulé à Grenoble, bien avant que le terme fake news ne soit mis au goût du jour par Donald Trump. "On peut le remercier car il en a fait le mot de l'année 2017", ironise Yannick Chatelain, selon lequel "la fausse information circule excessivement vite sur internet". Pour l'enseignant-chercheur à Grenoble Ecole de Management, cette nouvelle qualification de ce que l'on appelait auparavant des "intox" est problématique, notamment à cause de son utilisation par les personnalités politiques. "Le problème des fake news c'est que c'est le jeu du chat perché", explique-t-il. "Dès lors que l'on dit quelque chose qui ne vous plaît pas, vous pouvez accuser l'information d'être une fake news."

"On peut remercier Donald Trump pour avoir fait de fake news le mot de l'année 2017" — Yannick Chatelain, professeur à Grenoble Ecole de Management et spécialiste de la communication sur internet

Yannick Chatelain, professeur à Grenoble Ecole de Management et spécialiste de la communication sur internet

Fake news et fake reviews : attention danger

Les fake news ont une cousine un peu moins célèbre : les fake reviews, des avis émis sur internet par des faux comptes. Ils sont par exemples utilisés pour vanter les mérites d'un produit sur un site marchand, en prenant l'identité d'un consommateur fictif. "Un tiers des commentaires sur internet sont faux", déclare Yannick Chatelain. "Pourtant, 80 % des gens tiennent compte de ces commentaires." Il faut donc faire attention aux intox lorsque l'on fait ses achats, mais pas seulement, car selon l'enseignant-chercheur, "les fake reviews peuvent avoir un impact politique. Aux États-Unis il y a eu une consultation publique, et seuls 17% des commentaires étaient ceux de vrais participants."

"Un tiers des commentaires sur internet sont faux, pourtant 80% des gens en tiennent compte" — Yannick Chatelain, professeur à Grenoble École de Management et spécialiste de la communication sur internet

Comment lutter ?

Pour faire face au danger des fake news, le gouvernement propose la création d'une loi qui sanctionnerait leur diffusion en période électorale. Pour l'enseignant, spécialiste de la communication sur internet mais également du droit du cyberespace, cette réponse n'est pas adaptée au problème. "Il y a déjà un arsenal juridique qui s'appelle la diffamation. En voulant sanctionner ce que l'on juge être une fausse information, on se dirige progressivement vers du délit d'opinion". Il serait préférable selon Yannick Chatelain de ne pas "infantiliser" les citoyens et de les laisser plutôt utiliser des outils afin qu'ils puissent d'eux-mêmes déterminer la fiabilité d'une information : "Il existe par exemple des sites comme fakespot ou review meta qui permettent de tester la fiabilité des commentaires et que Facebook ou Amazon pourraient incorporer".

"En voulant sanctionner ce que l'on juge être une fausse information, on se dirige progressivement vers du délit d'opinion" — Yannick Chatelain, professeur à Grenoble Ecole de Management et spécialiste de la communication sur internet

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