Société

Faut-il légiférer sur la fessée?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace mardi 3 mars 2015 à 10:46

Interdiction fessée
Interdiction fessée © Maxppp

La France devrait être condamnée ce mercredi par le conseil de l'Europe parce qu'elle n'interdit pas suffisant clairement les châtiments corporels. Vous réagissez...

Retrouvez l'interview en intégralité de Guillaume Albert de Thémis

Retrouvez l'interview en intégralité d'Edwige Antier pédiatre

Le débat revient régulièrement sur le devant de la scène en France: il y a un peu plus d'un an, à Limoges, un père avait été condamné à 500 euros d'amende pour avec sursis pour avoir donné une fessée à son fils de 9 ans. Cette fois, c'est une ONG britannique qui reproche à la loi française de ne pas interdire totalement d'infliger des châtiments corporels aux enfants. Et à qui le conseil de l'Europe devrait donner raison ce mercredi.

La secrétaire d'Etat à la Famille, Laurence Rossignol, s'est déclarée lundi "favorable à une éducation sans violence" , mais estimé que convaincre les parents d'abandonner les punitions corporelles ne passait pas par la loi.

Une exception dans le code civil

Tout en sanctionnant les violences faites aux enfants, le droit coutumier français tolère un "droit de correction" au sein de la famille, à condition que cette correction soit légère et qu'elle ait un but éducatif. La condamnation de la France par le Conseil de l'Europe pourrait bien amener à la disparition de cette exception du code civil.

Ce serait une bonne nouvelle pour Thémis, l'association de défense de droit des enfants: "En France, on reste sur des pratiques installées, on pense que la fessée est un droit des parents ", explique son directeur, Guillaume Albert. "C'est une madeleine de Proust" , ajoute Edwige Antier, pédiatre, "tout le monde en a reçue ou donnée, et c'est difficile de revenir sur ce concept, on pense, ça ne va pas tuer, ou tu l'as bien mérité."

Et pourtant la fessée, et autres châtiments corporels ont des conséquences pour les enfants: "une dévalorisation, une prise de pouvoir de l'adulte sur l'enfant qui sont destructrices" , constate Guillaume Albert. "La fessée enlève l'estime de soi, rend en colère, diminue les capacités cognitives", souligne Edwige Antier.

Des solutions

Alors comment l'éviter? "On parle et on réfléchit à soi, on a plus d'autorité sans frapper" , propose Edwige Antier, "on peut aussi utiliser le time out, je vais dans ma chambre, tu vas dans ta chambre et on se calme." Et si ça ne suffit pas et qu'on se sent démuni face à certaines situations, on peut aussi se tourner vers des associations comme Thémis, "avec un accompagnement, on arrive à couper la spirale de la violence dans la famille" , rappelle Guillaume Albert.

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