Société

Faut-il mettre les familles à contribution pour résorber le déficit de la branche famille de la sécu?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace mardi 1 avril 2014 à 11:19

bébé nouveau né

La réforme des allocations familiales entre en vigueur ce 1er avril. Elle prévoit une augmentation des aides pour les revenus modestes, une baisse pour les revenus plus élevés.

Retrouvez l'interview en intégralité de l'économiste Raphaël Didier

Retrouvez l'interview en intégralité de Jean-Marie Heydt, le directeur de l'AGF

La réforme des allocations familiales avait été annoncée l'été dernier. Elle entre en vigueur ce mardi. La réforme prévoit d'augmenter certaines aides à destination des familles aux revenus les plus modestes.

Le complément familial sera majoré progressivement de 50%, d'ici 2018, avec une première revalorisation au 1er avril. Cette allocation est versée aux allocataires modestes ayant au moins trois enfants. Le montant de la prestation va passer de 167,34 euros par mois à 185,20 euros.

Un déficit de 2,3 milliards d'euros

Pour les parents élèvant seuls leurs enfants, et qui n'ont pas ou de faibles pensions alimentaires, l'allocation de soutien familial doit être majorée de 25% en plus de l'inflation à horizon 2018. Dès le 1er avril, son montant va passer de 90,40 euros pour un enfant privé de l'aide de l'un de ses parents à 95,52 euros, et de 120,54 euros à 127,33 euros pour un enfant privé de l'aide de ses deux parents.

Les familles ayant des ressources plus importantes verront par contre certaines allocations baisser. Ainsi la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) sera divisée par deux pour les ménages dont les ressources dépassent un certain seuil (48.000 euros par an pour un couple avec deux revenus et deux enfants) et passera à 92,31 euros. Pour les autres, l'allocation ne bouge pas et reste à 184,62 euros.

"Les comptes devraient s'équilibrer naturellement d'ici 2019"

Le déficit de la branche famille atteind 2,3 milliards d'euros. Pourtant pour l'économiste Raphaël Didier, la réforme des allocations familiales n'était pas indispensable. "Le déficit de la branche famille est le plus faible de toutes les branches de la sécu" , explique-t-il, "en plus selon les projections, les comptes vont s'équilibrer naturellement d'ici 2019 en raison de la démographie."

De leur côté, les associations familiales ne voient pas cette réforme d'un très bon oeil. "Il faut aider les familles en difficulté en période de crise, mais là on oublie les classes moyennes" , martèle Jean-Marie Heydt, le directeur de l'AGF, l'association générale des familles dans le Bas-Rhin. "Le renouvellement des générations se fait par toutes les classes sociales. En France on est passé en dessous de la barre des deux enfants par femme, on a de quoi s'inquiéter pour l'avenir."