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Société

Féminicides : "Comment j’ai réussi à sortir de mon passé d’homme violent"

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Bruno a choisi de témoigner à visage découvert de son expérience d’homme violent. Les groupes de parole de l’Association "Vivre autrement ses conflits" à Toulouse lui ont permis de sortir de la spirale de la violence conjugale. Des espaces de parole encore trop rares en France.

Bruno témoigne à visage découvert de son passé d'homme violent
Bruno témoigne à visage découvert de son passé d'homme violent © Radio France - Olivier Lebrun

Toulouse, France

« En prendre conscience, en parler, lutter contre, est mon parcours. Messieurs, et vous ? » cette pancarte, il  n’a pas hésité à la brandir lors d’une manifestation #Meetoo dans les rues de Toulouse. Bruno, la cinquantaine, est l’un des rares en France à témoigner à visage découvert de son passé d’homme violent. Après un fait grave sur sa troisième compagne, un procès et une injonction de soin, il s'est sorti de la spirale de la violence conjugale en participant à un groupe de parole de l'association toulousaine "Vivre autrement ses conflits" (Avac). Il milite désormais pour faire admettre qu’écouter les hommes auteurs de violences est primordial dans la lutte contre les féminicides et la prévention des violences faites aux femmes.

La France est très en retard dans le suivi des hommes violents, contrairement au Canada, l’Espagne ou la Suisse, une prise en charge pourtant cruciale alors que 40 % des assassinats de femmes sont des récidives.

Témoignage de Bruno : "la violence n'est pas un monstre, j'ai réussi à la dépasser, à mettre des mots"

France Bleu Occitanie : Pourquoi acceptez-vous de témoigner de votre passé de conjoint violent ?

Pourquoi j’accepte de parler en tant qu’homme et à visage découvert ? C’est que pour moi, la violence c’est pas un monstre. C’est une personne lambda qui se retrouve dans une situation de violence qui est le plus souvent inconsciente. Une violence qui peut être pour certains pathologique, mais la majorité des cas qui se retrouvent dans une situation de violence qu’ils n’ont pas forcément choisi, qu’ils ne comprennent pas forcément, et sur laquelle, parfois, ils ne se posent même pas de questions.

Bruno : Vous avez été dans des groupes de parole, qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Ce que j’ai compris, c’est que j’avais un positionnement ancré dans mon enfance. J’avais été confronté à des situations de violence, qui m’ont conduit à me protéger, à avoir une vision de la relation homme/femme biaisée. J’ai eu une injonction de soin avec mise à l’épreuve qui m’a été ordonnée après une agression grave qui m’a conduit à un procès. Cette injonction m’imposait cinq séances de groupe de parole. On a énormément de mal dans les premiers instants à parler. Et puis au fur et à mesure des séances, on arrive à acquérir la parole qu’on n’a jamais su mettre sur soi-même. Moi j’ai eu besoin de prolonger ces séances de thérapie de groupe en intégrant un groupe de parole d’hommes volontaires. Je l’ai fait pendant trois ans.

Vous considérez que vous vous en êtes sorti aujourd’hui, vous pouvez reprendre une relation normale avec une femme ?

J’ai mis énormément de temps à reprendre une relation avec une femme. J’ai rencontré une jeune femme il y a moins d’un an. Je l’ai informée de mon passé. Elle sait tout de ce que je suis aujourd’hui. Je mets des mots là ou avant je n’en mettais pas. J’ai changé dans mon comportement et mon relationnel. Je mets plus de parole, parce que j’ai appris à mettre des mots, le groupe de parole m’a servi à ça.

Quel message voulez-vous porter aujourd’hui ?

Le message principal, c’est que malheureusement en France ces structures qui organisent des groupes de parole pour hommes violents sont très peu nombreuses, il y en a une trentaine dans tout le pays. Ce que je dis, c’est que si je n’avais pas rencontré, ou si j’avais rencontré plus tôt l’Avac, cette association qui organise les groupes de parole, j’aurais certainement fait moins de victimes.

Il faut prendre en compte aussi l’homme dans cette relation ?

Oui, je pense que sinon on fait la moitié du travail de la lutte contre les violences faites aux femmes. Il faut bien sûr prendre en compte l’urgence de venir en aide aux femmes violentées, il faut les protéger, mais cela ne sert à rien d’envoyer un homme en prison si derrière on ne l’accompagne pas dans un travail de compréhension de sa violence, pour qu’il puisse s’en débarrasser.

► Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919

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