Société

Fermeture des bars à 1h à Lille : les patrons saisissent la justice

Par Eric Turpin, France Bleu Nord lundi 2 mars 2015 à 9:38

Les patrons de bar dénoncent la fermeture à 1h du matin du dimanche au mercredi
Les patrons de bar dénoncent la fermeture à 1h du matin du dimanche au mercredi © Eric Turpin - Radio France

Depuis le 1er janvier, tous les bars de Lille doivent fermer à 1h du matin du dimanche au mercredi, la fermeture tardive à 3h étant réservée aux jeudis, vendredis et samedis. Une mesure inacceptable pour les patrons des bars qui contre-attaquent. Ils ont déposé vendredi neuf recours contre l'arrêté municipal pris par Martine Aubry.

Les patrons de bars lillois passent à l'offensive. Ils ont saisi vendredi la justice pour faire annuler un arrêté municipal pris par la maire PS de la ville Martine Aubry. Depuis le 1er janvier, tous les bars doivent fermer à 1h du matin du dimanche au mercredi au lieu de 3h du matin auparavant. La fermeture tardive à 3h est autorisée les jeudis, vendredis et samedis. 

La ville justifie ces fermetures avancées par la la lutte contre les nuisances sonores, l'alcoolisation massive des jeunes, les bagarres de rues et le vandalisme. Des arguments incompréhensibles pour les cafetiers, qui répondent que des dizaines d'emplois sont menacés par ces changements d'horaires.

Pour se défendre, les patrons de bars ont fait appel à une seule et même avocate, Me Emilie Dawaele. Elle démontent un à un les arguments de la ville...Les nuisances sonores d'abord : le nombre de plaintes aurait augmenté. Mais pour l'instant, aucune trace de ces procédures dans le dossier. La ville évoque aussi la multiplication des rixes dans la rue mais pour Me Emilie Dewaele, fermer les bars plus tôt n'arrangera rien.

« Quand ces établissements sont ouverts, on sait qu'il y a une sécurisation du domaine public », explique l'avocate, « A partir du moment où tous les bars sont fermés, les rues noires, aucune enseignes éclairées, il y a une insécurité qui se met en place. Plus personne n'est là pour intervenir en cas de problèmes ».

Un retour en arrière

Au début des années 2000, il y avait beaucoup d'accidents sur les autoroutes qui relient la métropole lilloise aux villes belges de Tournai et Courtrai. A l'époque, on a donc aligné les horaires des bars des deux côtés de la frontière. Depuis, le nombre d'accidents a baissé. Me Emilie Dewaele redoute le retour de ce qu'on appelle le nomadisme de la clientèle.

« Dans la mesure où les bars ferment à 1h, la clientèle qui veut continuer à consommer et à faire la fête, va se déplacer en voiture, peut-être alcoolisée,  pour aller jusqu'à la frontière ou dans les autres grandes villes à côté » , déplore l'avocate des patrons de bars lillois. 

Le référé-suspension est une procédure rapide, les cafetiers lillois espèrent obtenir un jugement dans les 15 jours. En attendant, les plus téméraires continuent à servir leurs clients jusqu'à 3h.

Les patrons de bars lillois se rebiffent

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