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Société

"Chez l'Ami Dédé" ferme à Mirebeau-sur-Bèze : pas de repreneur et fin de la convivialité

mercredi 2 janvier 2019 à 21:29 Par Sophie Allemand, France Bleu Bourgogne

Le bar-tabac "Chez l'ami Dédé" à Mirebeau-sur-Bèze va officiellement fermer ce 1er mars. André Veil, 63 ans, prend sa retraite et ne trouve pas de repreneur. Les petits commerces et la vie social de ce village de 2 200 habitants pâtissent de la zone commerciale développée à côté depuis trois ans.

"Fermeture officielle" : André Veil, sans repreneur, une histoire symptomatique de la désertification des centres-villes ruraux
"Fermeture officielle" : André Veil, sans repreneur, une histoire symptomatique de la désertification des centres-villes ruraux © Radio France - Sophie Allemand

Mirebeau, France

C'est un lieu convivial où l'on peut acheter ses cigarettes, son journal, ses clefs et surtout boire un café depuis 17 ans. "Chez l'ami Dédé" ferme le 1er mars, car le patron André Veil, fatigué, a été déclaré inapte au travail par les douanes. C'est le cœur brisé qu'il laisse Mirebeau-sur-Bèze, commune de 2200 habitants, sans café ou lieu de retrouvailles ouvert le dimanche.

"Chez l'ami Dédé" : un véritable lieu de rencontre et d'échange

La désertification des centre-villes c'est aussi et surtout la fermeture des petits commerces. Comme à Mirebeau-sur-Bèze où il reste une boulangerie, un fleuriste, un coiffeur et quelques restaurants. Le centre se vide depuis la création d'une zone commerciale à côté en 2016. André estime avoir perdu plus de 60 % de sa clientèle en trois ans. 

"Je pars avec tristesse et beaucoup d'amertume. C'est catastrophique un petit village qui n'a plus son café pour les habitants le dimanche, c'est inadmissible" - Dédé

Plus qu'un tabac, "Chez l'Ami Dédé" est un lieu où se retrouvent les habitants du coin  - Radio France
Plus qu'un tabac, "Chez l'Ami Dédé" est un lieu où se retrouvent les habitants du coin © Radio France - Sophie Allemand

Mireille, une cliente, ne peut cacher sa tristesse. "Le jour où il n'y aura plus Dédé, où est-ce qu'on va aller ? C'est fini le dimanche, ça va être mort. Les commerces sont en train de fermer les uns derrière les autres... Ils monopolisent différents commerces au même endroit. C'est pas de l'industriel mais presque : on fait ses courses et on se barre. C'est pas convivial, c'est plus pareil. On aura plus rien."

"C'est le village qui meurt petit à petit" : paroles d'habitués du café

André Veil refait aussi des clefs  - Radio France
André Veil refait aussi des clefs © Radio France - Sophie Allemand
La décoration, encore de son jus, est propre au lieu et à son propriétaire - Radio France
La décoration, encore de son jus, est propre au lieu et à son propriétaire © Radio France - Sophie Allemand

"La place du général Viard devrait être vivante, animée. Les gens ne viennent plus, la plupart de commerce ferment les uns après les autres," explique le patron. Il a reçu deux propositions de repreneurs, mais chaque fois le plan a échoué, faute de moyen.

Difficile de lutter pour sauver la vie dans le centre du village face à la zone commerciale 

Dédé aimerait revendre au moins son mobilier et le transfert de la Française des Jeux pour près de 60 000 euros. Son dernier espoir est que le local de l'ancienne pharmacie au centre de Mirebeau, accessible aux handicapés et déjà racheté, devienne un café plutôt qu'un logement. 

Parmi les habitués du bar, Michel Vadot, ancien architecte. Il a créé l'association "Mieux vivre au centre-bourg" de Mirebeau-sur-Bèze et lutte pour garder de la vie dans sa commune. Il soutient André : "c'est un lieu stratégique près du centre. Trouvez nous un couple de jeunes capable de faire vivre un café. 2 200 habitants c'est pas rien, il y a du potentiel." Mais il faut convaincre la municipalité et les propriétaires que le centre a besoin d'un lieu de retrouvailles. 

A droite, la mairie. A gauche, l'ancienne pharmacie déjà rachetée : futur logement ? Futur tabac ? Ou futur café ?  - Radio France
A droite, la mairie. A gauche, l'ancienne pharmacie déjà rachetée : futur logement ? Futur tabac ? Ou futur café ? © Radio France - Sophie Allemand

A écouter : reportage chez l'Ami Dédé. Sophie Allemand, Mirebeau-sur-Bèze n'est pas mort, vous y avez croisé beaucoup d'amis !

Michel Vadot, un architecte retraité, n'est pas très optimiste. "Il y a le potentiel mais il faut aussi que la municipalité soit à l'écoute. Le jour où il n'y aura plus rien, tout le monde va pleurer. Et ça, c'est dans peu de temps. La déviation va finir le reste et on aura plus rien au centre au niveau de l'animation ! Un petit bar-café, c'est un lieu important pour échanger. Ce ne sont pas des logements qui remplaceront la vie et l'animation."

"Les élus devraient plus se concentrer sur la vie du centre que sur la zone commerciale," ajoute Michel Vadot. Ce dernier et Dédé espèrent un gros coup de pouce de la municipalité, pour pousser à la création d'un lieu de ce type dans Mirebeau-sur-Bèze.