Société

Film sur l'Arche de Zoé : Alain Péligat craint "le pire"

Par Renaud Biondi-Maugey, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu mardi 19 janvier 2016 à 18:38

Alain Péligat
Alain Péligat

Dans le film "Les Chevaliers blancs", sortant en salle ce mercredi, le réalisateur belge Joachim Lafosse s'inspire de l'affaire de l'Arche de Zoé en 2007. Celui qui était le logisticien de cette opération, l'ex-Marnais Alain Péligat, craint que le scénario ne soit pas conforme à ce qu'il a vécu.

Retraité, après avoir consacré plus de trente ans de sa vie à l'humanitaire, Alain Péligat a quitté le département de la Marne et vit aujourd'hui en Bretagne. Il s'apprête à aller voir cette semaine, comme un simple spectateur, le film  "Les Chevaliers blancs" avec Vincent Lindon en rôle-titre et s'inspirant de l'affaire de l'Arche de Zoé. 

"Je crains le pire" 

Logisticien de cette opération humanitaire en 2007, Alain Péligat, ne connaît pas le scénario exact du film et dit aujourd'hui craindre "le pire". "On a demandé à contacter le réalisateur au moment du projet mais il n'a pas voulu nous recevoir" déplore Alain Péligat.  "_Même si je crois que ce film a été fait pour que les gens se fassent leur propre opinion, _je crains que les spectateurs repartent avec l'avis qu'on est des enfoirés, qu'on a fait une saloperie."

Alain Péligat réagit à la sortie du film "Les Chevaliers blancs"

Les membres de l'association l'Arche de Zoé, dont Alain Péligat, avaient été interpellée en 2007 alors qu'ils s'apprêtaient à exfiltrer vers la France, vers l'aéroport de Vatry dans la Marne, 103 enfants du Tchad. Cette affaire, fortement médiatisée, a valu au président de cette ONG, Eric Breteau et à sa compagne Emilie Lelouch une condamnation en appel à deux ans de prison avec sursis en février 2014. Alain Péligat a lui été définitivement relaxé lors de ce même procès. 

"L'enfer est pavé de bonnes intention"

"Fasciné par le récit médiatique" de cette affaire, le réalisateur Joachim Lafosse dit avoir pensé "qu'il y avait matière à faire un film, et surtout un film qui ferait voir combien l'enfer est pavé de bonnes intentions", abordant le sujet du "droit d'ingérence" et de "la limite entre bien et mal". 

Le cinéaste de 40 ans explique pourquoi il n'a pas voulu rencontrer les protagonistes de l'affaire, ni coller minutieusement aux faits : "Sachant que je suis un auteur de fiction, je sais très bien que ce que je mets en scène n’est pas le réel, mais est uniquement le fruit de mon imagination. C’est une élaboration. Il ne s’agit pas d’eux, les personnages que je mets en scène ne sont pas les protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoé. Mes films sont d’abord le reflet de mes obsessions". **

Intégralité de l'interview d'Alain Péligat : 

Alain Péligat réagit à la sortie du film "Les Chevaliers blancs" - Itw complète

La bande-annonce du film :**

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