Société

Fin de la trêve : témoignages de Haut-Garonnais menacés d'expulsion

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse jeudi 31 mars 2016 à 16:50

Fin octobre dernier, la police débarque chez une Toulousaine pour l'expulser
Fin octobre dernier, la police débarque chez une Toulousaine pour l'expulser © Radio France - Jean Saint-Marc

A partir de ce vendredi matin, 30 à 40.000 personnes en France peuvent être expulsées. C'est le cas de Mohamed, propriétaire d'une maison saisie à Loubens-Lauragais. Sylvie, qui vit elle aux Minimes à Toulouse, n'a plus le droit à l'erreur après avoir été menacée d'expulsion juste avant la trêve.

"En douze mois, ils m'ont tout pris" lâche Mohamed, père de famille qui vit à Loubens-Lauragais. Après un accident du travail, cet artisan décide de se reconvertir et achète une maison pour en tirer quelques revenus supplémentaires. Un crédit-relais, un litige avec la banque : sa maison se retrouve saisie. Ce vendredi 1er avril, Mohamed et sa compagne se réveillent avec la menace d'une expulsion. "Je suis fébrile" nous confie celui qui milite désormais pour l'association Droit au Logement (DAL).

"J'ai commencé à péricliter, je me suis pas rendu compte" – Mohamed

"Ils veulent nous expulser sans même nous reloger"

Sylvie vit elle dans un petit T3 aux Minimes. Nous l'avions rencontré en octobre dernier alors que les huissiers et les policiers toquaient à sa porte pour l'expulser. L'occupation de son appartement par des militants du DAL lui avait alors permis d'échapper à l'expulsion.

"Avec 400 euros, c'est dur de rembourser mes dettes" – Sylvie

Les cinq mois de trêve lui ont laissé le temps de négocier un protocole de remboursement de sa dette, "environ 1.500 euros" de loyers impayés. Chaque mois, en plus de son loyer, elle verse 50 euros à son bailleur social, Habitat Toulouse. "Cela fait 135 euros au total puisque Habitat Toulouse touche directement les APL" explique Brigitte, bénévole au DAL qui a aidé Sylvie à négocier cet accord. "Avec son fils qu'elle héberge, ils ont de tout petits revenus, donc ça reste difficile. Mais ils ont réalisé qu'ils peuvent être mis à la rue donc ils font de gros efforts."

De nouveau expulsable si elle manque une seule mensualité

"Il faut que je règle même si c'est dur" explique Sylvie en ouvrant sa quittance

Chaque mois, les budgets sont serrés et ça inquiète Sylvie. Si elle manque une seule mensualité, elle sera de nouveau expulsable. "La rue je ne pourrais pas... C'est pas une vie la rue !" _Sylvie sera ce samedi à la manifestation du DAL au métro Jean-Jaurès à 10h. L'association réclame _"une trêve éternelle".

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