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Euthanasie : "ce droit doit être appliqué en France" pour la députée Iséroise Émilie Chalas

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Par , , France Bleu Isère

Le députée Émilie Chalas était l'invitée de France Bleu Isère ce jeudi matin. Elle défend une proposition de loi, du député divers-gauche Olivier Falorni, visant à légaliser l'euthanasie en France. Le texte sera débattu aujourd'hui à l'Assemblée et doit être adopté avant minuit.

Émilie Chalas dans les locaux de France Bleu Isère
Émilie Chalas dans les locaux de France Bleu Isère © Radio France - Benjamin Bourgine

Une proposition de loi sur la fin de vie sera débattue toute la journée, ce jeudi, à l'Assemblée Nationale. De nombreux parlementaires de gauche et de la majorité y sont favorables mais la droite ne l'est pas. Comme il s'agit d'une initiative parlementaire, les discussions ne pourront pas être remises au lendemain. Émilie Chalas, députée LREM de l'Isère était notre invitée ce jeudi sur France Bleu Isère.

France Bleu Isère : Ce jeudi à l'Assemblée, vous allez débattre de ce texte sur la fin de vie qui propose, pour faire simple, d'abréger les souffrances, qu'elles soient physiques ou psychologiques, des malades incurables. Un texte qui dépasse largement les clivages politiques. Vous avez d'ailleurs cosigné une tribune dans le Journal Du Dimanche avec des députés de tous bords, dont la socialiste de l'Isère Marie-Noëlle Battistel. Une tribune dans laquelle vous disiez : "Nous voulons débattre". Vous dénoncez l'obstruction de la droite qui pourrait mettre le texte au tapis ?

Émilie Chalas : On a cinq députés Les Républicains qui ont déposé à eux seuls plus de 2.000 amendements sur ce texte qui doit être voté en quelques heures aujourd'hui avant minuit. Qu'ils ne soient pas d'accord, soit parce qu'évidemment, ils ne sont pas d'accord avec le fond du texte c'est une chose, les débats dans hémicycle permettent de défendre leur position, mais qu'ils empêchent le vote par le fait de faire un tsunami d'amendements est absolument irrespectueux de la démocratie de notre institution.

On va évoquer le fond du texte, mais quand même encore un mot sur le règlement de l'Assemblée pour qu'on comprenne bien. Il y a des textes qui restent en débat des semaines et des semaines. Pourquoi celui-là doit être à tout prix voté avant minuit ?

Parce que c'est une proposition de loi des députés et que les propositions de texte des députés sont proposées à raison de quelques niches. On appelle ça les niches parlementaires, une fois par an. Elle ne dure qu'une journée et se termine à minuit. C'est la différence avec un texte proposé par le gouvernement comme les retraites ou autre.

Vous ne pensez pas qu'un tel sujet, si complexe et si délicat, qui touche quand même la conscience des uns et des autres, mériterait mieux que quelques heures de débat à la hâte ?

D'abord, un mot quand même sur la position des Français. Un sondage Ifop est sorti les 6 et 7 avril de cette année. 93% des Français sont d'accord avec les termes de ce texte. En 2005, ils étaient déjà 88%. Est-ce-qu'il faut encore débattre du sujet alors qu'il y a quasiment tous les Français qui sont d'accord avec ce texte ? Ensuite, il y a eu des débats, des commissions, des conseils citoyens sur ce sujet. Donc, moi, je crois que les choses ont abouti. Et l'argument du peu de temps de débat est en fait un argument de ceux qui sont contre.

Ce texte fixe des règles, un cadre strict, évidemment, la collégialité des décisions par des médecins. Les directives anticipées pour le malade concerné qui dit, avant qu'il ne soit trop tard, ce qu'il souhaite. Sa possibilité aussi de revenir en arrière, de changer d'avis jusqu'au dernier moment. La consultation des proches. On pourrait faire la liste de tous ces garde fous. Reste quand même que pour la première fois, on va vers l'euthanasie, ce qui est inédit dans notre pays.

Oui, absolument. C'est inédit dans notre pays. Mais ça ne l'est pas en Europe puisque beaucoup de patients, vous le savez peut-être, partent en Belgique ou en Suisse pour mettre fin à leurs souffrances alors qu'ils sont atteints d'une maladie grave et incurable. Aujourd'hui, ce droit doit être appliqué en France. Nous avons, tous les auditeurs doivent y penser, un proche qui a eu, je pense évidemment au cancer, une fin de vie plus ou moins terrible. C'est déjà le cas. Les soignants ne laissent pas la douleur s'installer, mais néanmoins elle dure un moment. Aujourd'hui, en tout cas, 93% des Français sont prêts à ce que l'on abrège ces souffrances. C'est une réalité et il ne s'agit pas là non plus du débat sur le suicide assisté. Il ne faut pas tout mélanger et je crois que c'est très important.

Vous faites la différence entre suicide assisté et, on va dire, souffrances abrégées. À un moment, il y a bien une injection létale ?

Tout à fait. La méthode, j'allais dire, est similaire. En revanche, les circonstances ne le sont pas puisque dans le cas de la proposition de loi qui va être débattue aujourd'hui, on ne parle que des patients malades atteints d'une affection grave et incurable.

Ce texte reviendra si jamais il est enterré aujourd'hui, ce qui est vraisemblable, malheureusement pour ceux qui le défendent comme vous ?

Je suis dans un groupe de travail sur la fin de vie depuis 2017. C'est un engagement de votre serviteur et j'espère que s'il ne devait pas être adopté aujourd'hui, il serait soit repris par notre groupe majoritaire, sinon traité dans un prochain mandat. Je l'espère en tout cas dans les mois et les années qui arrivent. Parce que c'est toujours quelque chose qui est attendu par les Français.

On dit que ce texte embarrasse Emmanuel Macron à un an de la présidentielle ?

Écoutez, je laisse Emmanuel Macron, le président de la République, s'exprimer sur ce sujet. Moi, je fais mon travail de parlementaire et c'est attendu par les Français.

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