Société

Fin de vie: du juge ou du médecin, qui doit décider?

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne lundi 3 février 2014 à 10:45

L'hopital Sébastopol à Reims où Vincent Lambert est hospitalisé dans un état proche du coma
L'hopital Sébastopol à Reims où Vincent Lambert est hospitalisé dans un état proche du coma © Monique Derrien - Radio France

Le 16 janvier dernier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne allait à l'encontre de l'avis des médecins du CHU de Reims et ordonnait le maintien de l'alimentation artificielle de Vincent Lambert, 38 ans et en état de conscience minimale depuis un accident il y a 5 ans. Est-ce aux médecins ou à la justice de décider de la fin de vie d'un patient?

Le cas de Vincent Lambert sera examiné jeudi 6 février par le Conseil d'Etat , la plus haute juridiction administrative de France. Il a été saisi par l'épouse de Vincent Lambert: Rachel et par un de ses neveux.

Ils contestent tous les deux la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne qui a décidé le 16 janvier dernier de maintenir Vincent Lambert en vie en obligeant les médecins du CHU de Reims à l'alimenter, de façon artificielle puisque Vincent Lambert est en état de conscience minimale depuis plus de 5 ans. Ses parents et une partie de ses frères et soeurs veulent qu'ils continuent à vivre.

L'une des questions qui devra être tranchée par le conseil d'Etat est de savoir si le fait d'alimenter un patient de façon artificielle peut être assimilé à de l'acharnement thérapeutique.

La loi dit que l'on peut interrompre un traitement si il a pour "seul" effet le maintien artifficiel de la vie.

François Vialla est professeur de droit mais aussi membre du Comité de déontologie et d'éthique de l'Institut national du cancer. Il était notre invité à 8H10.

François Vialla, invité de France Bleu Champagne-Ardenne

Le Conseil d'Etat étudiera le cas de Vincent Lambert ce jeudi à 11H. Il a 48H pour trancher, mais il peut prolonger ce délai si il l'estime nécessaire. Le gouvernement a d'ores et déjà prévenu qu'il prévoyait de rouvrir le débat sur la fin de vie d'ici la fin de l'année.

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