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Société

Fin de vie : Jean-Luc Roméro-Michel présente à Limoges un livre adressé à Brigitte Macron

vendredi 4 mai 2018 à 12:26 Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin et France Bleu

Il interpelle Brigitte Macron dans un livre, pour obtenir la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Jean-Luc Roméro-Michel, président de l'ADMD, l'association pour le droit de mourir dans la dignité, est de passage à Limoges ce vendredi. Il était l'invité de France Bleu Limousin.

Jean-Luc Roméro-Michel a choisi de s'adresser à la Première dame plutôt qu'au Président de la République.
Jean-Luc Roméro-Michel a choisi de s'adresser à la Première dame plutôt qu'au Président de la République. - ©ADMD

Limoges, France

Le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est à Limoges ce vendredi pour présenter son livre, "Lettre ouverte à Brigitte Macron", qui vient de sortir aux éditions Michalon. Jean-Luc Romero-Michel a expliqué à 8h15 sur France Bleu Limousin le sens de sa démarche, dans le cadre du débat sur la légalisation de l'euthanasie. Il répondait à Alain Ginestet. 

Pourquoi vous adresser à Brigitte Macron ?

Je m'étais adressé à François Hollande, ça n'avait pas donné grand-chose. Plus sérieusement, depuis un an, dans les réunions qu'on organise, il y a toujours quelqu'un qui me demande pourquoi je ne m'adresse pas à elle, et ça m'a interpellé. Et dans son statut, il y a notamment les relations avec la société civile dans le domaine de la santé et des personnes fragiles. Et puis on sait que les questions de société, ce sont les femmes qui les font avancer. Enfin, je ne pouvais pas m'adresser à la ministre de la Santé, qui a déjà annoncé pendant le débat citoyen qu'elle était contre toute évolution sur la fin de vie ! 

Dans cette lettre, vous dites vouloir une loi "d'ultime liberté" : qu'est-ce que ça veut dire ? 

Je veux une loi qui permette à chacun de choisir. Aujourd'hui on a trois lois Léonetti, qui ont été faites par des médecins pour des médecins et elles ont un gros défaut : elles ne mettent pas celui qui meurt au centre des décisions ! Donc on veut une loi qui d'un côté permet l'accès universel aux soins palliatifs, dont on a beaucoup parlé mais pour lequel les crédits ne sont pas là, et de l'autre côté la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, parce qu'on sait bien qu'il y a des situations, certes minoritaires, qui peuvent quand même toucher quelques dizaines de milliers de personnes par an, où les soins palliatifs ne suffisent pas. Et puis les gens doivent pouvoir choisir le moment et la manière, parce qu'il n'y pas un principe supérieur, dans une démocratie laïque, qui vous oblige à mourir le plus tard possible et notamment dans la souffrance.

Donc la loi ne va pas assez loin ? 

Faut se poser la question : pourquoi a-t-on fait, entre 2005 et 2016, trois lois ? Si on change sans arrêt, c'est que ça ne fonctionne pas ! Alors ça a apporté quelques avancées, par exemple la sédation terminale : on vous endort, et on arrête de vous alimenter et de vous hydrater. C'est une solution si vous allez mourir à court terme, si vous êtes très vieux, si vous avez des organes vitaux affaiblis. Mais si vous êtes jeunes, si vous avez toujours été sportif, ça peut durer 2 à 3 semaines ! C'est pour moi une forme d'acharnement thérapeutique parce qu'on arrête d'alimenter les gens, ils meurent de faim et de soif !

"Il n'y a pas de principe supérieur qui vous oblige à mourir le plus tard possible !

Qu'est-ce que c'est pour vous, mourir dignement ? 

Chacun décide de sa dignité dans la mort. Je n'ai pas à juger votre dignité, vous n'avez pas à juger la mienne. Il y a des gens qui, à un moment, estiment que leur vie ne vaut plus la peine d'être vécue. D'autres veulent vivre jusqu'au bout, aller jusqu'à certains moments, comme la naissance d'un enfant, ou pour vivre une histoire d'amour. C'est à nous de décider. 

Si on légalise l'euthanasie, on ne peut pas imaginer des dérives ? Le risque de débrancher quelqu'un qui pourrait être sauvé ? 

C'est tout le contraire ! J'indique dans le livre qu'il y a 0,8% d'euthanasie en France, dont seulement 0,2% des gens l'ont demandée ! C'est à dire que des centaines, voire des milliers de personnes sont aidées, qui n'ont rien demandé. Quand une loi n'est pas claire, ne répond pas à la situation, il y a des dérives. Quand une loi est bien faite, comme dans les pays qui nous entourent,  il n'y a pas de dérive, car une loi protège le plus faible et pose des conditions. C'est pour ça que c'est incroyable d'entendre certains prétendre qu'il y a des dérives dans certains pays. Il suffit de demander aux Belges, aux Suisses, aux Néerlandais : même les partis chrétiens-démocrates ne veulent pas revenir sur les lois légalisant l'euthanasie. 

Jean-Luc Romero-Michel dédicace son livre ce vendredi 4 mai à 17h à la Librairie Anecdotes de Limoges.