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Société

Fin du plastique à usage unique: où en est le Nord-Pas-de-Calais?

vendredi 21 décembre 2018 à 14:17 Par Sophie Morlans, France Bleu Nord

On les appelle les produits en plastique à usage unique. Ils représentent à eux seuls 70% des déchets échoués dans les océans. L'union européenne a décidé de les interdire dès 2021. Le Nord-Pas-de-Calais est il prêt pour ce passage au "zéro plastique"?

Bientôt la fin des pailles, touillettes et gobelets en plastique
Bientôt la fin des pailles, touillettes et gobelets en plastique © Maxppp - Jean-François Frey

Lille, France

Pailles, touillettes à café, gobelets, ou coton tige... L'union européenne a décidé de les interdire  en 2021. Et forcément cette mesure inquiète un peu les responsables de Flo Europe à Ruitz, dans le Pas-de-Calais. Avec ses 80 salariés, l'entreprise installée près de Bruay la Buissière fournit des gobelets pour la grande distribution mais aussi les distributeurs automatiques de boissons chaudes. Certains sont désormais en carton, ceux pour la grande distribution, mais pas les gobelets destinés aux machines automatiques. Comme elles se trouvent dans des lieux fermés, comme des entreprises, des gares ou des aéroports, il y a, théoriquement, moins de risque pour que les gobelets finissent dans la mer. 

On aimerait connaître les règles du jeu

Pour le directeur de l'usine Roberto Mistura, les lois ne sont pas toujours très claires. "Le problème, quand il y a une réglementation européenne, c'est la façon dont elle appliquée dans le pays. Nous sommes prêts à investir pour nous mettre en conformité, mais il faut que les règles du jeu soient nettes et définitives, sinon c'est trop risqué.

Dans la région, le secteur de l'emballage emploie 3.000 personnes, dans 70 entreprises. Certaines n'ont pas résisté à ce tournant écologique. Comme Tifany, spécialiste de la vaisselle jetable, qui a fermé en 2016 à Phalempin. Tout était pourtant prêt pour proposer des produits adaptés à la nouvelle réglementation, mais les moyens financiers n'ont pas suivi.  

Dans les cantines lilloises, il n'y a plus de verre en plastique - Maxppp
Dans les cantines lilloises, il n'y a plus de verre en plastique © Maxppp - Thierry THOREL

Dans les cantines lilloises, plus aucun plastique en 2020

Dans les restaurants scolaires de Lille, le plastique se fait de plus en plus discret. Les verres ont tous été changés. Les bols et pichets vont ensuite être remplacés. "Pour 2020, ce sera terminé, y compris sur les cellophanes sur les fromages servis aux enfants", assure Michel Ifri, conseiller municipal en charge de le restauration scolaire. "C'est du travail, il faut aussi remplacer les barquettes dans lesquelles on conserve et réchauffe la nourriture, par des contenants en cellulose ou en fibre végétale, c'est un investissement de 140.000 euros."   En fait la ville ne fait qu'anticiper puisqu'elle sera obligée de passer au 0 plastique en 2025.

Dans sa boutique lilloise, Diana Malavielle propose la panoplie du consommateur responsable - Radio France
Dans sa boutique lilloise, Diana Malavielle propose la panoplie du consommateur responsable © Radio France - Sophie Morlans

Des pailles en inox et de la cire d'abeille pour envelopper la nourriture

A la maison, c'est aussi possible de faire sans plastique. Diana Malavielle en est convaincue. Elle a ouvert avec son mari en 2006 une boutique éco-responsable à Lille. "A l'époque, on nous regardait un peu comme des farfelus", confie la jeune femme. "Mais aujourd'hui, de plus en plus de consommateurs rejoignent notre démarche."  Une carafe avec un filtre en charbon, des boites à repas en bambou ou en métal, des cotons tiges durables ou encore des emballages pour la nourriture en coton et cire d'abeille: on trouve dans sa boutique toutes les alternatives au plastique. Sébastien est un client convaincu: "Chez moi, nous n'avons pas renoncé aux pailles, qui font plaisir aux enfants, mais elles sont en inox, tout simplement. Idem le matin, quand on part travailler. On prend notre tasse en bambou, pour un café à emporter. Et on a toujours notre mug au bureau". Ce père de famille reste tout de même perplexe sur l'efficacité de ces mesures. "Grosso modo, la question c'est : est-ce qu'en supprimant des touillettes et des pailles en plastique on vraiment réduire l'impact sur l'environnement? Le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) parle d'une échéance à 12 ans. Il est temps d'accélérer un peu et de prendre de vraies mesures."

Le reportage de Sophie Morlans