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Firminy : quel avenir pour les salariés de l'aciérie d'Aubert et Duval ?

Par Martin Cotta, France Bleu Pays d'Auvergne, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu mercredi 26 octobre 2016 à 17:23 Mis à jour le mercredi 26 octobre 2016 à 17:39

80 salariés du site Aubert et Duval à Firminy se sont rassemblés mercredi devant l'usine
80 salariés du site Aubert et Duval à Firminy se sont rassemblés mercredi devant l'usine © Radio France - Martin Cotta

Un CCE extraordinaire se tenait ce mercredi chez Aubert et Duval pour préciser les contours du plan social au sein de l'aciérie de Firminy. De 60 à 70 postes vont être supprimés et peut-être délocalisés sur le site des Ancizes dans le Puy-de-Dôme. Une solution qui passe mal dans la Loire.

À l'issue du CCE de ce mercredi, les partenaires sociaux ont décidé de faire valoir leur droit d'alerte. En d'autres termes, un bureau d'étude extérieur à l'entreprise devrait être sollicité (probablement SECAFI, spécialiste en conseil auprès des comités d'entreprises) afin d'étudier des alternatives à la suppression de 60 à 70 postes dans l'aciérie, annoncée lundi par la direction. Cette dernière pourrait redéployer ces postes sur le site des Ancizes, dans le Puy de Dôme au nord de Clermont-Ferrand, solution qui passe mal auprès des salariés.

C'est une fausse bonne idée même pour Zambo, salarié depuis 16 ans. "Les gens ici sont du sérail, ils sont du coin", explique-t-il. C'est le cas de Kévin notamment, embauché dans l'aciérie depuis un an : "Ma famille est ici donc cela ne m'intéresse pas de partir. Il faut être solidaire, on ne veut pas perdre notre travail". Ce mercredi matin, des salariés des autres ateliers se sont mobilisés à l'entrée du site comme Christian, 30 ans de maison. "Ça fait mal surtout pour les gars qui ont construit leur vie ici, qui ont des enfants en bas-âge. On leur demande de partir, certes dans la région, mais c'est quand même difficile pour eux", déclare l'ouvrier.

"Ici il y a des compétences, il y a le savoir"

Parmi les employés, on murmure que des postes en moins dans l'aciérie seraient synonymes, à moyen terme, de postes en moins dans les autres services d'après Frédéric. "Cela touche autant les gens des plateaux que les gens des ateliers. On est tous dans le même navire et il faut que l'on se batte tous ensemble", avance ce forgeron de métier. Avec 1400 salariés sur le site des Ancizes, la direction le privilégierait vraiment au détriment de Firminy argue Zambo : "Quand vous voulez vous débarrasser de votre chien, vous dites qu'il a la rage. Ici il y a des compétences, il y a le savoir. Mais quelque part il y a l'identité et la maison-mère, mais qu'on ne veut pas toucher. Donc on détruit les membres à côté pour garder le tronc".

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Plus d'un millions d'euros de subvention de la Région

Un éventuel redéploiement des postes dans le Puy-de-Dôme ne serait pas gage de maintien de l'emploi. Le site des Ancizes a lui aussi subi le plan social de 2014. Un site qui a reçu plus 1,2 million d'euros de subvention de la part de la Région Auvergne-Rhône-Alpes lors de sa première séance plénière au mois de janvier. Le président Laurent Wauquiez expliquait à ce moment-là, dans un communiqué, qu'il en allait du maintien de l'emploi sur ce site de 1400 salariés : "Avec cette délibération, le Conseil régional affirme sa volonté de défendre l’emploi et l’innovation sur notre territoire et de s’adapter au rythme des acteurs économiques. Le temps où l’on fait attendre les chefs d’entreprises des mois et des mois avant de prendre une décision sur leurs dossiers est aujourd'hui révolu".

Mais l'argent public a aidé aussi au lancement d'une nouvelle unité de fabrication de poudre et d'une imprimante 3D. À l'époque, les élus communistes, écologistes et ceux du Front National, votent contre la subvention, estimant que la Région ne peut pas donner de l'argent à une entreprise côté au CAC 40 et qui vient de redistribuer 300 millions d'euros à ses actionnaires. Ce chèque a donc fait polémique hier, il fait désormais polémique aujourd'hui. Certains salariés à Firminy estiment que Laurent Wauquiez a privilégié l'emploi en Auvergne au détriment de la Loire.

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