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Société

Fissures, sol poisseux et fourmis : une famille dénonce les conditions de vie à l'Ehpad d'Aubusson

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu

La situation ne s'arrange pas à la maison de retraite du Mont à Aubusson. Syndicats et salariés ont dénoncé a plusieurs reprises leurs conditions de travail. Aujourd'hui une famille nous ouvre la porte de la chambre de leur parent, et ce n'est pas reluisant.

Patrick Vignaud nous désigne les fissures sur le mur de la chambre de sa belle-mère
Patrick Vignaud nous désigne les fissures sur le mur de la chambre de sa belle-mère © Radio France - Olivier Estran

Aubusson, France

Quand on marche sur le sol en lino, ça fait "Schhhouik schouiik", et à chaque pas la semelle reste collée. De toute évidence le sol n' a pas été lavé depuis bien longtemps.

"Imaginez une personne âgée qui se déplace en pantoufles là-dessus, s'emporte Patrick Vignaud, c'est vraiment dangereux pour elle." Il est vrai que le sol est vraiment collant comme si l'on marchait sur de l'adhésif, et on préfère ne pas savoir dans quoi on met les pieds.

Le sol colle fortement aux semelles, visiblement pas lavé depuis longtemps - Radio France
Le sol colle fortement aux semelles, visiblement pas lavé depuis longtemps © Radio France - Olivier Estran

Fourmis et fissures pour 2.000 euros par mois

Nous sommes dans la chambre de la belle-mère de Patrick Vignaud. "Elle est hébergée ici depuis trois ans, mais tout se dégrade. Regardez, il y a même des fourmis mortes dans la table de chevet, ça fait un mois qu'elles sont là, et personne ne les a enlevées."

Au dessus du lit inoccupé de cette chambre, deux fissures presque large comme le doigt. Patrick Vignaud y fait disparaître sans peine sa clé de voiture : "Quand ma belle-mère est arrivée ici, elles étaient dissimulées par des photos."

Il y a aussi des traces de chariot sur les murs et une toile d'araignée au plafond : "Et pour cela, on paie presque 2.000 euros par mois, soupire Patrick Vignaud. Toute la famille met la main à la poche, nous mais aussi nos enfants."

Les traces peu reluisantes sur le mur qui protège la salle de bains - Radio France
Les traces peu reluisantes sur le mur qui protège la salle de bains © Radio France - Olivier Estran

"Ce que je ressens, c'est de la haine et de la honte de laisser ma maman dans cet endroit dégueulasse, complète Anne-Marie Vignaud. Ma mère n'est plus en mesure de se rendre compte de ce qui se passe, mais c’était une personne très propre qui n'aurait jamais accepté une telle situation chez elle."

"On veut que le personnel soit aidé" 

"On n'en veut pas au personnel soignant, ajoute le couple. On voit bien qu'elles sont débordées. Là il y a trois agents pour 76 résidents, évidemment, elles ne peuvent pas être partout. On demande que le nombre de postes soit augmenté pour des conditions de travail normales et des conditions de vie digne pour les résidents." 

"Oui , c'est a peu près pareil dans les autres chambres, confie cet agent sous le couvert de l'anonymat, moi aussi j'aurais honte de mettre ma mère ici. Depuis septembre, des postes n'ont pas été renouvelés, et la situation est catastrophique. Oui catastrophique."

"On est à la limite de la maltraitance" 

La directrice de l’établissement n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

La situation en tout cas n'étonne pas Michel Moine, maire d'Aubusson et président du conseil de surveillance de l'établissement.

"Un grand nombre de contrats à durée déterminée n'ont pas été renouvelés en septembre dernier. Quand en réunion, on demande si la rumeur qui affirme que les résidents n'ont droit à une douche que toutes les trois semaines est vraie, la direction assure que non, mais  est incapable de nous dire à quelle fréquence se fait la toilette. Ce que dénonce cette famille ne me surprend pas. On touche vraiment à la limite de la maltraitance."

La colère d'Anne-Marie

Et la prise de position de Michel Moine

Le silence de l'Agence Régionale de Santé

La famille Vignaud a écrit à l'Agence Régionale de Santé (ARS) pour signaler cette situation. Cela fait bientôt deux semaines et ils attendent toujours une réponse. 

Nous avons aussi sollicité la Délégation départementale de l'ARS en Creuse. Elle refuse de faire tout commentaire sur cette affaire et considère que cela ne la regarde pas "car il s'agit d'une question de nettoyage, et pas d'une question de soins." La famille appréciera sans nul doute cette vision des choses.

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