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Société

Fleurir les tombes à la Toussaint, une tradition qui se perd ?

mardi 1 novembre 2016 à 15:20 Par France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Lorraine Nord

Après la Toussaint mardi, c'est ce mercredi le jour des défunts. La tradition est d'aller fleurir les tombes de ses proches. Des millions de fleurs sont vendues chaque année au début du mois de novembre. Mais les chiffres sont en baisse.

A l'occasion de la Toussaint, un marché aux fleurs s'est tenu devant le cimetière de l'Est à Metz
A l'occasion de la Toussaint, un marché aux fleurs s'est tenu devant le cimetière de l'Est à Metz © Radio France - Louis Belenfant

Metz, France

Sur le marché aux fleurs, devant le cimetière de l'Est à Metz, il y a bien les habitués. Ces clients qui viennent chaque année décorer les tombes de leurs proches, quel que soit le temps. "C'est quelque chose de traditionnel", raconte Francesca. "On y tient beaucoup, surtout nous qui sommes italiens."

De moins bonnes affaires

Mais les professionnels, eux, le voient bien : les affaires tournent moins qu'il y a quelques années. La Toussaint, ce n'est plus ce moment incontournable de l'année pour Dominique Préaux, horticulteur à Maizières-lès-Metz.

Ce n'est même pas 20% du chiffre du printemps - Dominique, horticulteur

Il se souvient aussi qu'il y a vingt ans, quand son père faisait les marchés, "il vendait le camion complet. Et maintenant, avec la même quantité de plantes, je fais la semaine."

Selon une étude TNS Sofres cofinancée par FranceAgriMer et Val'hor, 16,6 millions de fleurs ont été vendues l'an dernier, soit un quart de moins qu'il y a quatre ans.

Des chrysanthèmes classiques, très rares aujourd'hui sur les marchés aux fleurs - Radio France
Des chrysanthèmes classiques, très rares aujourd'hui sur les marchés aux fleurs © Radio France - Louis Belenfant

Moins de fleurs avec la crémation

Jean-Marie, lui aussi horticulteur a une explication : "Ça se perd puisqu'il y aura moins de tombes et plus de gens qui se font incinérer, donc la place est plus petite." Et en effet alors qu'un quart des Français se faisaient incinérer en 2004, ils sont près de 35% aujourd'hui, et même proche de 60% en Moselle.

Le problème pour les horticulteurs, c'est qu'à côté d'une urne les clients préfèrent déposer de petits bouquets, et non plus des grands pots de chrysanthèmes. Financièrement, les professionnels perdent au change.

Chrysanthème de type "pomponette", celui qui se vend le mieux car moins cher et plus résistant  - Radio France
Chrysanthème de type "pomponette", celui qui se vend le mieux car moins cher et plus résistant © Radio France - Louis Belenfant