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Société

Le maire de Bayonne accuse certains chauffeurs de Flixbus de discrimination raciale

mardi 20 novembre 2018 à 8:45 - Mis à jour le mardi 20 novembre 2018 à 15:29 Par Bixente Vrignon et Valérie Menut, France Bleu Pays Basque et France Bleu

Certains chauffeurs procèdent à des contrôles d'identité au faciès avant d'accepter les passagers à Bayonne, accuse le maire de Bayonne, et les associations d'aide aux migrants. Jean-René Etchegaray l'a dit ce mardi sur France Bleu Pays Basque.

Le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray
Le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray © Radio France - Jacques Pons

Bayonne, France

Le maire de Bayonnne Jean-René Etchegaray (UDI) ne mâche pas ses mots : -"J'ai constaté moi-même qu'on ne demandait pas de papiers d'identité aux « blancs », mais qu'on le demandait aux « noirs ». C'est de la discrimination raciale !"

Discrimination raciale

Jean-René Etchegaray est avocat de profession, et il a été alerté par les associations d'aide aux migrants. Depuis cet été, ils sont de plus en plus nombreux à passer par l'Espagne, puis Bayonne, pour rejoindre les grandes métropoles et le nord de l'Europe. Le maire de Bayonne est allé constater de visu près du local d'accueil des migrants : "Je constate sur Bayonne depuis quelques jours, des faits constitutifs à mes yeux de discrimination raciale. Nous avons des compagnies de bus qui n'acceptent pas que montent à bord des personnes noires. Ces faits sont d'une extrême gravité. Comme maire je peux pas accepter que des faits aussi graves aient lieu sur ma commune. J'ai alerté le procureur, la police, la Ligue des Droits de l'Homme et la Licra", avertit l'élu.

C'est la compagnie Flixbus qui est plus particulièrement visée. Depuis le 12 novembre, à Bayonne, certains chauffeurs demandent des papiers avant de prendre des passagers à bord, et refusent parfois l'embarquement, même aux passagers munis d'un billet. Cela fait suite à l’arrestation d'un bus par les douanes, dans les Landes après son départ de Bayonne. 19 migrants avaient dû descendre du bus et étaient répartis dans différentes gendarmeries. 

Jean-René Etchegaray: "C'est de la discrimination raciale!"

Cette affaire a été plaidée le 19 novembre devant le Tribunal Administratif des Pyrénées-Atlantiques.

"Si ces faits sont avérés, il y aura des sanctions" assure Flixbus

Nous avons contacté la compagnie Flixbus, qui via son service communication, s'étonne de tels comportements et assure prendre ces propos très au sérieux. "Une enquête interne va être menée, assure le porte-parole de la compagnie Raphaël Daniel. Flixbus est une compagnie qui ne tolère aucun agissement à caractère raciste ou discriminant sur ses lignes. Si ces faits sont avérés, évidemment, on prendra les mesures nécessaires afin de faire cesser ça".  

Flixbus assure n'avoir donné aucune consigne à ses conducteurs de bus. La compagnie précise que ses chauffeurs "n'ont pas le droit de procéder à des contrôles d'identité, en revanche ils ont le droit de vérifier si le billet nominatif correspond bien au passager qui se présente et donc charge à lui de fournir une pièce d'identité (point 3.1 ). En cas de doute, le chauffeur doit avertir le contrôle opérationnel de la compagnie, voire la police" explique Raphaël Daniel. Une pratique qui doit s'appliquer "à tous les passagers du bus, et non à des personnes ciblées" insiste le porte-parole de la compagnie. 

"Entre le marteau et l'enclume"

Il admet néanmoins que l'usage s'est peut-être multiplié ces derniers temps. "Nous sommes confrontés à une situation délicate. Des autorités locales de police et gendarmerie nous ont mis lors d'un contrôle "une pression" en nous disant que si on facilite le transport de migrants, nous sommes dans une situation d'aide à l'entrée sur le territoire français de personnes en situation irrégulière, passible de sanctions. On a l'impression d'être pris en otage". Et Flixbus de renvoyer la balle à la mairie de Bayonne pour "qu'elle prenne ses responsabilités" afin de faciliter la circulation des migrants qu'elle accueille de passage.

Raphaël Daniel, porte-parole de Flixbus : "on a l'impression d'être pris en otage dans la façon de gérer cette situation"

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