Société

Fonderies du Poitou : 200 personnes manifestent à Châtellerault pour la reconnaissance des victimes de l'amiante

Par Mélanie Barbotin, France Bleu Poitou et France Bleu samedi 22 avril 2017 à 12:45

Dans les rues de Châtellerault plus de 200 personnes ont manifesté.
Dans les rues de Châtellerault plus de 200 personnes ont manifesté. © Radio France - Mélanie Barbotin

Plus de 200 personnes à Châtellerault ont manifesté, ce samedi 22 avril, pour la reconnaissance des victimes de l'amiante aux fonderies du Poitou. A ce jour 57 personnes sont officiellement atteintes aux poumons à cause de l'amiante. Un collectif a saisi le tribunal administratif.

Ils ont venus nombreux pour manifester. Plus de 200 personnes ont défilé dans les rues de Châtellerault, banderoles et pancartes à la main. Les ouvriers des Fonderies du Poitou ont été exposés à l'amiante pendant 14 ans, de 1982 à 1996, sans en connaître les dangers.

Ça faisait comme de la poussière. Ça volait partout

Parfois, ils ont même travaillé au contact du matériau toxique sans gants, ni masques. Didier, ouvrier aux Fonderies depuis 35 ans raconte: "Lorsqu'on allait voir les copains casser les fours on a respiré l'amiante. Parfois j'ai touché des joints amiantés sans le savoir. Et puis ça faisait comme de la poussière, ça volait partout".

J'ai une épée de Damoclès sur la tête

Aujourd'hui 57 personnes sont officiellement malades à cause de l'amiante. Elles réclament une reconnaissance de leur statut de victime. Fabrice fait partie des hommes contaminés. Il a découvert il y a 4 ans que ses poumons étaient touchés. "Il n' y a pas de remède. Je suis allée voir le pneumologue il m'a expliqué que si ça se transforme en mésothéliome [cancer], il me reste 6 mois à vivre. J'ai une épée de Damoclès sur la tête".

Un combat vers la reconnaissance du statut de victime

Au bureau de l'Afpa 86, l'association de défense des victimes de l'amiante, Eric Lemer vice-président, voit passer les "camarades". "Tous les mois il y en a 2 ou 3 qui viennent nous dire qu'ils ont un problème aux poumons." Lui-même a travaillé pendant 34 ans aux Fonderies du Poitou. "Je suis le dernier, parmi ceux qui ont fait le même métier que moi à ne pas être malade, mais je sais qu'un jour je le serais comme les copains." Alors il se bat pour que l'Etat reconnaisse leur statut de victime. Un premier pas qui leur permettraient de prendre leur retraite plus tôt, dès 55 ans au lieu de 60 ans minimum.

L'Etat a pour le moment refusé de classer le site des Fonderies comme amianté, mais après 3 ans de combat, le tribunal administratif de Poitiers s'est saisi du dossier. Une audience est prévue le 9 mai prochain.