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Forte mobilisation des sages-femmes ce week-end pour demander plus de reconnaissance et de moyens

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Les sages-femmes sont en grève depuis vendredi 24 septembre et jusqu'à ce dimanche 26 septembre pour demander plus de considération et d'effectifs. Le mouvement a été très suivi, selon les syndicats. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 7 octobre à Paris.

Les sages-femmes sont en grève depuis vendredi. Les sages-femmes sont en grève depuis vendredi.
Les sages-femmes sont en grève depuis vendredi. © AFP - Riccardo Milani / Hans Lucas

Les sages-femmes sont "surchargées", "lessivées" et "en colère". Un nouvel appel à la grève a été lancé ce week-end, pour réclamer plus de reconnaissance et plus d'effectifs. Le mouvement a été très suivi, selon l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), qui recense plus de la moitié des cabinets fermés depuis vendredi et plus de 150 maternités sur 500 avec 100% de grévistes. C’est déjà la cinquième fois depuis le début de l’année que les sages-femmes se mobilisent. 

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Après plusieurs manifestations, le ministre de la Santé Olivier Véran a accordé mi-septembre une hausse de salaire de 100 euros brut par mois aux sages-femmes travaillant à l'hôpital, en plus d'une prime de 100 euros . Mais cela ne suffit pas, pour les grévistes. Le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes avait d'ailleurs estimé le soir-même que ces annonces ne répondaient pas "aux enjeux de la profession". "En ne traitant pas en profondeur les causes du malaise des sages-femmes, l'attractivité de la profession semble durablement compromise", avait-il expliqué dans un communiqué. Les sages-femmes demandent un autre statut, une réflexion sur leur métier et des moyens supplémentaires. Et si elles ne sont pas entendues, elles ne s'arrêteront pas là car elles annoncent une nouvelle journée de mobilisation le 7 octobre à Paris.

On nous dit souvent qu’on fait le plus beau métier du monde, ça le serait si on nous donnait les moyens de l’exercer.

Au micro de France Bleu Alsace , Emilie Beau, sage-femme depuis plus de 15 ans aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, témoigne d'un véritable "mal être", tant la charge de travail et le manque de reconnaissance sont importants. Après cinq ans d'étude et de multiples taches quotidiennes, une sage-femme gagne environ 1.700 euros net par mois. "J'ai l'impression de ne pas être respectée dans mes compétences", glisse cette sage-femme. "On a l'impression d'être piétinées, abonde Nadia Sabatier-Abidi, sage-femme libérale à Aix-les-Bains, sur France Bleu Pays de Savoie . Il faut des actions concrètes. La profession n'attire plus du tout : les études durent 5 ans, il y a une pénibilité au travail et la rémunération ne correspond pas à une profession médicale. Notre métier doit être reconnu comme tel."

Camille Dumortier, la présidente de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes, a plaidé ce dimanche sur franceinfo pour une sixième année d'études. "Depuis 2001, les études de sage-femme, c'est en cinq ans. En 2009, il y a eu le suivi gynécologique qui a été rajouté à nos compétences et en 2016 l’IVG médicamenteuse. Donc, on se retrouve avec des études de plus en plus compactes, de plus en plus denses, a-t-elle expliqué. Avant la crise sanitaire, 70% des étudiantes sages-femmes étaient en burn out. Beaucoup de collègues reprennent leurs études ou se réorientent après avoir travaillé un ou deux ans. On nous dit souvent qu’on fait le plus beau métier du monde, ça le serait si on nous donnait les moyens de l’exercer."

Plus de reconnaissance et de moyens

De plus, "à l'hôpital, elles ne sont pas assez nombreuses", a expliqué Carla Charlot-Pisoni, membre de l'Ordre des Sages-femmes de l'Hérault, sur France Bleu Hérault . "Parfois, il y a 12 patientes en salle d'accouchement et nous sommes quatre sages-femmes !", témoigne aussi une sage-femme de l'hôpital de Chambéry.

La colère est tellement forte qu'à Lens, par exemple, 9 sages-femmes de la maternité sont allées jusqu’à la réquisition par un huissier de justice. Elles n’avaient pas répondu à l’assignation reçue par courrier vendredi. Les huissiers de justice sont donc venus chez elles ce samedi après-midi pour les réquisitionner. Parmi elles se trouve Emmanuelle, qui veut "avec cette action se faire entendre et que notre profession soit enfin reconnue", a-t-elle expliqué à France Bleu Nord

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