Société

Fougères : pro et anti-migrants s'affrontent à distance

Par Romain Pouzin Roux, France Bleu Armorique et France Bleu jeudi 20 octobre 2016 à 6:25 Mis à jour le jeudi 20 octobre 2016 à 8:00

Gilles Pennelle, conseiller régional FN, avait déjà mobilisé ses troupes à Trégunc (29) et Trégastel (22) lors de rassemblements similaires
Gilles Pennelle, conseiller régional FN, avait déjà mobilisé ses troupes à Trégunc (29) et Trégastel (22) lors de rassemblements similaires © Radio France - Romain Pouzin Roux

Les militants du FN se sont rassemblés mercredi soir devant la sous-préfecture de Fougères pour protester contre l'arrivée prochaine de 150 migrants en provenance de Calais. Une contre-manifestation était organisée par des bénévoles. Les deux camps se sont affrontés à distance, sous l'oeil des CRS.

"Fougères solidaire" d'un côté, "ma commune sans migrants" de l'autre : séparées de cinquante mètres par un mur de policiers, les deux banderoles résument les positions des deux camps. A l'appel de son chef de file dans la région, Gilles Pennelle, 120 militants du Front National se sont rassemblés mercredi soir devant la sous-préfecture de Fougères pour protester contre l'arrivée prochaine de 150 migrants en provenance de Calais dans la la commune voisine de Beaucé. En face d'eux, plusieurs associations de bénévoles avaient décidé de venir manifester leur soutien à l'accueil des demandeurs d'asile : ils sont parvenus à rassembler 500 personnes.

Côté FN, les militants viennent de toute la région Bretagne. Pierre, par exemple, a fait le voyage depuis Quimperlé, dans le Finistère. Pour l'occasion, il s'est transformé en homme-sandwich en affichant sur des panneaux des slogans contre l'arrivée des migrants. "Que sera notre pays dans vingt ans ?", s'inquiète-t-il. "Avec ces migrants, c'est l'Islam qui arrive et je suis très inquiet pour l'avenir de ce pays".

Pierre a fait le voyage depuis Quimperlé (29) pour manifester son opposition à l'arrivée des migrants. - Radio France
Pierre a fait le voyage depuis Quimperlé (29) pour manifester son opposition à l'arrivée des migrants. © Radio France - Romain Pouzin Roux

Le discours des élus frontiste est un peu plus policé. "Ici, au pays de Fougères, il y a beaucoup de gens modestes avec peu de moyens", commence Viriginie Daussane, conseillère municipale, qui dénonce une "injustice". "Ils voient arriver des gens qui finalement ont plus d'avantage qu'eux, c'est ça qui provoque la colère des gens".

Elan de solidarité sur Fougères

Faux, rétorque Marie-Noëlle, une habitante de Fougères qui s'est engagée à venir aider quand les militants arriveront. "Il faut rétablir la vérité : non les migrants ne vont pas toucher 2.500 euros contrairement à ce que dit le FN", attaque-t-elle, avant de rappeler : "un demandeur d'asile touche 6 euros par jour". "Et puis il ne faut pas tout mélanger ! C'est vrai qu'il y a de la misère sociale en France mais on peut aider tout le monde en même temps".

De loin, les partisans de l'arrivée des migrants ont tenté de couvrir les prises de paroles du FN avec des slogans - Radio France
De loin, les partisans de l'arrivée des migrants ont tenté de couvrir les prises de paroles du FN avec des slogans © Radio France - Romain Pouzin Roux

Comme elle, Carmen, retraitée, s'est engageé au Secours populaire pour donner un coup de main. "Il y a eu un tel élan de solidarité sur Fougères !" s'exclame-t-elle. "Cela montre que les habitants sont solidaires et ça me semblait très important de venir le montrer ce soir". Et la bénévole de conclure : "la ville dispose déjà d'un Centre d'accueil pour les demandeurs d'asile (CADA) de 80 places et il n'y a jamais eu aucun problème".

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