Société

François Hollande au Struthof : "l'antisémitisme et le racisme sont encore là"

France Bleu Alsace et France Bleu Elsass dimanche 26 avril 2015 à 16:48 Mis à jour le dimanche 26 avril 2015 à 20:10

François Hollande devant la chambre à gaz du Struthof, le 26 avril 2015
François Hollande devant la chambre à gaz du Struthof, le 26 avril 2015 © MAXPPP

Beaucoup d'émotion lors de la visite de François Hollande au camp du Struthof, en Alsace, ce dimanche pour la Journée nationale de la déportation et le 70e anniversaire de la Libération des camps. Pour la première fois, un président français a visité la chambre à gaz du camp de Natzweiler-Struthof, seul camp de concentration nazi sur le sol français actuel.

François Hollande a choisi de célébrer la Journée nationale de la déportation et le 70e anniversaire de la Libération des camps, en Alsace, dans le camp de Natzweiller-Struthof, seul camp de concentration nazi sur le sol français actuel , l'Alsace était alors annexée au Reich Allemand. Il est le premier président français à visiter la chambre à gaz de ce camp.

Le président Hollande devant le four crématoire, lors de la cérémonie du Struthof, le 26 avril 2015. - Maxppp
Le président Hollande devant le four crématoire, lors de la cérémonie du Struthof, le 26 avril 2015. © Maxppp
François Hollande et Martin Schultz, le président du Parlement européen dans la salle des autopsies qui servaient également aux  - Maxppp
François Hollande et Martin Schultz, le président du Parlement européen dans la salle des autopsies qui servaient également aux © Maxppp

Plus de 50.000 détenus ont été engloutis dans ce système concentrationnaire, 22.000 ne sont jamais revenus . "L'antisémitisme et le racisme sont encore là, a rappelé François Hollande, nous devons à travers cette cérémonie du Struthof agir pour protéger ceux qui peuvent encore en être les victimes. Je vous remercie d'être venus pour cette cérémonie, là où se sont produits des drames, des atrocités, des tragédies, là où en France, sur le sol de France une chambre à gaz avait été installée et qui a tué, qui a assassiné, parce qu'il s'agissait d'exterminer.'

Chant tzigane, lors de la journée de la déportation au Struthof, avec François Hollande. - Maxppp
Chant tzigane, lors de la journée de la déportation au Struthof, avec François Hollande. © Maxppp

Moment fort et extrêmement émouvant de cette cérémonie, le discours du résistant déporté Robert Salomon, 90 ans. "Vous foulez actuellement un lieu maudit (…). Cet endroit avant la guerre était un paysage de paix ou de repos. Bien vite, ces lieux devinrent un enfer."

"L'enfer d'Alsace. Haut-lieu de terreur, de pleurs, de douleurs, de travail exténuant par tous les temps, la faim, la torture, les coups de kapos ou des SS jusqu'à ce que mort s'ensuive (…)."

Le discours de Robert Salomon lors de la cérémonie de la journée de la déportation au Struthof - Maxppp
Le discours de Robert Salomon lors de la cérémonie de la journée de la déportation au Struthof © Maxppp

"Nous étions des NN, Nuit et Brouillard, nous ne devions pas ressortir vivants de cet endroit (…). Nous n'arrivâmes pas tous à la fin du voyage (…). C'est dans ce contexte qu'est née notre solidarité d'homme libre, notre fraternité (…). Afin que ne nous revoyons plus jamais ça, ni nos enfants, ni nos petits-enfants, ni l'Humanité. Représentants des pays européens, vous avez entre vos mains la possibilité de faire ce que l'âge, la vieillesse nous retire. Vive la France, vive l'Europe, la paix et la liberté."

Discours de Robert Salomon Déporté

Plusieurs anciens déportés avaient fait le déplacement, parmi eux René Baumann 92 ans , de Hirsingue dans le Haut-Rhin. Lui aussi était un "Nacht und Nebel" (Nuit et Brouillard), voué à disparaître sans laisser de traces. Lors de son arrestation en 1943, il pesait 75 kilos. En juin 1945, il pesait moins de 30 kilos…

STRUTHOF René Baumann, déporté résistant

Henri Poirson , lui ne connaît pas le camp de Natzweiler-Struthof. Ce Vosgien de 91 ans, qui habite toujours à Moussey dans les Vosges a été détenu au camp de Schirmeck avant que les Allemands ne le transfère à Dachau. Il tenait à être au Struthof pour cette cérémonie. "J'ai toujours dit que je rendrais hommage à mes camarades qui n'ont pas eu la même chance que moi."

8h20 STRUTHOF BOB HJ Henri POIRSON ancien déporté

François Hollande a terminé la cérémonie en faisant allusion au sort des migrants d'Afrique. "L'Europe attire les malheureux du monde, nous n'avons pas le droit de détourner les yeux lorsqu'au large de nos côtes se produisent des drames effroyables comme la semaine dernière en Méditerranée."

"Aux yeux du monde, l'Europe reste une terre de promesse"

"Ces tragédies nous rappellent qu'aux yeux du monde, l'Europe reste une terre de promesse. Nous ne pouvons pas abandonner ces malheureux aux criminels qui les détournent, qui les détroussent qui les naufragent. Nous devons lutter contre les filières, renforcer nos liens avec les pays d'origine et ne pas laisser se consituer non plus chez nous une population de clandestins."

STRUTHOF Hollande sur migrants

 

François Hollande au camp du Struthof, le dimanche 26 avril. - Maxppp
François Hollande au camp du Struthof, le dimanche 26 avril. © Maxppp
François Hollande au camp du Struthof, le dimanche 26 avril. - Maxppp
François Hollande au camp du Struthof, le dimanche 26 avril. © Maxppp

Extrait du discours de François Hollande au Struthof