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Frappée, humiliée, surveillée avec une balise GPS : une Poitevine raconte l'enfer des violences conjugales

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Poitou, France Bleu

A l'occasion, ce mercredi 25 novembre, de la Journée mondiale pour l'élimination des violences faites aux femmes, une jeune mère de famille de la Vienne témoigne du calvaire que son ex-compagnon lui a fait subir.

Marie (prénom de substitution) raconte avoir été frappée, harcelée, pistée à l'aide d'une balise GPS, par son ancien compagnon.
Marie (prénom de substitution) raconte avoir été frappée, harcelée, pistée à l'aide d'une balise GPS, par son ancien compagnon. © Radio France - Jules Brelaz

Les pneus crevés en pleine nuit, une balise GPS cachée dans le coffre de sa voiture, un coup de poing dans le dos, des insultes, des menaces de morts, un préservatif déposé sur sa poignée de porte... Tout en séchant les larmes qui lui coulent sur le visage, Marie* raconte les violences conjugales que cette jeune mère de famille poitevine subit depuis près d'un an et qui ont abouti à la condamnation en première instance de son ex-compagnon.

"J'étais devenue sa chose"

C'est à partir du moment où Marie a demandé la séparation que la spirale infernale a débuté. "Ça a commencé par des pneus crevés, et quelques jours plus tard, il m'a tapé dessus, un coup de poing dans le dos et une grande gifle. Il a déchiré le pull que je portais. Jeté à la poubelle toutes mes affaires. Il venait tous les jours chez moi, il écoutait derrière ma porte. Il a ensuite menacé toutes les personnes masculines dans mon cercle d'amis, c'est de la jalousie maladive."

"Il est même allé jusqu'à placer un traceur GPS dans ma voiture"

"A chaque endroit où j'étais, il était là. C'est à cet instant que j'ai fouillé ma voiture et découvert une balise GPS cachée sous la moquette du coffre. Les policiers l'ont analysée et la carte Sim était bien à son nom. Un autre jour, voyant qu'il était à ma porte, j'ai appelé la police, et les agents ont retrouvé un préservatif qu'il avait déposé sur la poignée de ma porte d'entrée."

"Il prend notre enfant dans ses bras et lui dit qu'il lui expliquera un jour pourquoi sa maman c'est une grosse pute"

Le parcours judiciaire de Marie pour faire reconnaître ces violences physiques et psychologiques ressemble à un chemin de croix. "Si nous n'avions pas saisi ce dossier à bras-le-corps, cette jeune femme se retrouvait avec le plus bas niveau de la réponse judiciaire, à savoir la composition pénale, et donc un possible simple rappel à la loi pour son ex ! C'est parce qu'on s'est battus que l'on a obtenu une comparution devant le tribunal correctionnel", raconte Maître Hélène Mérade, l'avocate de Marie. 

"J'étais censée avoir droit à un téléphone « grave danger », je l'attends encore"

Après de nombreuses plaintes, l'ex-compagnon de la victime est finalement condamné à plusieurs mois de prison avec sursis probatoire, une interdiction d'entrer en contact avec son ancienne compagne et l'obligation de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales. Un soulagement de courte durée pour Marie.

"Ma cliente est extrêmement inquiète" - Maître Hélène Mérade

"Comme il a fait appel de sa condamnation, cette femme a peur pour sa vie, elle se retrouve sans rien. Il n'y a plus d'interdiction de l'approcher, plus d'interdiction d'aller la harceler chez elle, sur son lieu de travail, plus d'interdiction de lui téléphoner ou encore de poser un traceur GPS dans sa voiture", ajoute l'avocate du barreau de Poitiers. 

Marie a également porté plainte après avoir reçu des menaces de mort de la part de la famille de son ex-compagnon. Dans son combat judiciaire, la jeune femme déplore une forme de mansuétude avec laquelle la justice a traité ces menaces et les coups qu'elle a reçus. Inversement, Marie aurait souhaité bénéficier "d'un peu plus de bienveillance et de compassion" lorsqu'elle alertait les forces de l'ordre. 

"Quand je les appelle pour leur dire en chuchotant au téléphone que mon ex est derrière ma porte, on me répond de parler plus fort pour que ça le fasse partir"

Alors que l'audience devant la chambre des appels correctionnels risque d'intervenir dans de longs mois, étant donné les retards liés au Covid-19, Marie et son avocate réclament l'attribution en urgence d'un téléphone "grave danger"

* Son prénom a été modifié

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