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Société

Gien: les pigeons de la discorde

jeudi 8 novembre 2018 à 10:01 Par Jérémy Marillier, France Bleu Orléans

Alors que la colère des habitants et des commerçants du centre-ville de Gien se fait à nouveau entendre envers ces volatiles, les défenseurs des pigeons appellent la mairie à prendre des solutions durables en évitant les captures.

Les pigeons, sujet de crispation à Gien
Les pigeons, sujet de crispation à Gien © Maxppp - Maxppp

Gien, France

Les pigeons, Thierry Martin ne peut plus les voir. Depuis au moins deux ans, les volatiles rythment le quotidien de ce pâtissier-chocolatier du centre-ville giennois. Il faut dire qu'ils sont plusieurs centaines à avoir élu domicile juste au-dessus de son établissement, au dernier étage d'un immeuble abandonné. "Chez nous, ce sont des fientes de pigeons au quotidien, assure-t-il. Tous les matins, il faut commencer à balayer nos extérieurs avant d'ouvrir l'entreprise. Nous nous y sommes habitués, comme de nombreux Giennois, mais cela reste problématique. Quand on vend un cornet de glace à une cliente et qu'une fiente de pigeon tombe dessus, vous pouvez comprendre que c'est gênant."

Depuis deux ans, la situation n'a pas évolué dans le centre-ville de Gien. Un pigeonnier a bien été installé par la municipalité, mais à l'extérieur du centre. Un espace que les pigeons semblent bouder. Début 2017, l'Ambassade des Pigeons de France, une association nationale qui défend ces oiseaux, était venu à Gien pour rencontrer le maire et trouver des solutions. Sa présidente, Brigitte Marquet, témoigne sur France Bleu Orléans.

Trois questions à Brigitte Marquet, présidente de l'Ambassade des Pigeons de France

France Bleu Orléans: Vous vous êtes rendu à Gien il y a bientôt deux ans. Depuis, la situation n'a pas véritablement évolué. Qu'en pensez vous?

Brigitte Marquet:  Ce que nous défendons est simple : il ne faut surtout pas tuer les pigeons. Le problème ne peut pas se résoudre de cette manière sur le long terme, comme cela a été fait à Gien. Évidemment qu’il est regrettable que des habitants de Gien se plaignent. A l’Ambassade, nous avons fait tout notre possible, mais bon…

La situation actuelle ne m'étonne qu'à moitié et me choque un peu

Pourquoi la capture de pigeons ne peut pas être une solution durable?

Plus on capture, plus on fait tuer des pigeons, plus les survivants sont incités à se reproduire pour combler ce que l’on appelle un « vide écologique ». Si, par exemple, on tue soixante pigeons, soixante nouveaux pigeons seront là dans les six mois. De plus, tuer des pigeons représente un coût financier pour le contribuable puisqu’il faut recommencer encore et encore, multiplier les captures. Éliminer des pigeons en les gazant avec du gaz carbonique, ce n’est plus possible. Les solutions durables existent. Un pigeonnier en centre-ville, c’est la solution. Nous pensons au toit de la médiathèque, une piste déjà envisagée. Il faut en installer un là où les oiseaux se trouvent. Un pigeonnier ne peut pas être expatrié, comme c'est le cas aujourd'hui. Un pigeonnier peut jouer un rôle d’habitation mais aussi un rôle de régulation dans les naissances. C’est fondamental.

Que demandez-vous aujourd'hui?

Ce n’est pas notre genre d’abandonner un projet qui nous était cher. Christian Bouleau, le maire de Gien, ne nous a malheureusement pas relancé depuis notre rencontre en février 2017. La situation actuelle ne m’étonne qu’à moitié mais elle me choque un peu. Je ne comprends que l’on en soit toujours là alors que nous avons donné les meilleures recommandations possibles avec les Ligues de Protection des Oiseaux du Centre-Val de Loire. Nous souhaitons à nouveau nous rendre à Gien et discuter avec le maire.