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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes : le témoignage d'un policier de Bordeaux "rincé"

mardi 18 décembre 2018 à 17:29 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

En attendant l'entrevue mercredi entre le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et les syndicats de policiers et après l'annonce d'une prime de 300 euros pour les forces de l'ordre mobilisés depuis le début de la crise des gilets jaunes, Christophe, policier à Bordeaux, confie son ras-le-bol.

Christophe comme ses collègues sont mobilisés tous les samedis depuis le 17 novembre
Christophe comme ses collègues sont mobilisés tous les samedis depuis le 17 novembre © Radio France - Stéphanie Brossard

Bordeaux, France

"On est surexploité, depuis un mois, entre les manifestations de lycéens la semaine et les gilets jaunes le week-end. Ajoutez à cela, la menace terroriste depuis Strasbourg et les opérations anti hold-up dans les centres commerciaux de la Métropole, oui, je suis fatigué !" Christophe, 39 ans, est affecté au maintien de l'ordre à Bordeaux depuis le début de la crise des gilets jaunes, sur le pont tous les samedis depuis le 17 novembre. 

Il estime avoir accumulé une cinquantaine d'heures supplémentaires non payées en quatre semaines et confie que "le ras-le-bol est général". Christophe fait cette mise en garde : "Dans les manifestations, on est le dernier rempart de la République et si ce rempart est mécontent ou mal considéré, ça ne va pas le faire longtemps".

"Le moral et le physique en prennent un coup"

L'Acte VI se profile et "ce sera encore un samedi loin de la famille. Le moral en prend un coup". Et le physique aussi, "avec les 20 kilos de matériel sur le dos lors de ces missions", et la durée des vacations. "On sait à quelle heure on prend notre service ; mais on ne sait jamais quand on va arrêter, avec les petits groupes de casseurs qui se dispersent dans la ville toute la soirée comme samedi dernier encore entre la place Pey-Berland, la rue Duffour Dubergier et le cours Victor Hugo à Bordeaux. On a fini par exemple à 1h du matin après avoir commencé à 15h samedi dernier"

Il estime avoir accumulé une cinquantaine d'heures supplémentaires en un mois - Radio France
Il estime avoir accumulé une cinquantaine d'heures supplémentaires en un mois © Radio France - Stéphanie Brossard

"Des pavés et des boules de pétanque sur la figure"

Mais le plus usant, dit-il "ce n'est pas d'être rappelé (parce que c'est notre travail, et si on a besoin de nous, on vient), mais c'est d'avoir les yeux partout. Depuis un mois, avec les manifestations des gilets jaunes, on n'a pas affaire à un maintien de l'ordre classique. On se prend des pavés, des clous et des boules de pétanque sur la figure. Les nerfs sont mis à rude épreuve. On est rincé"

Pourrait-il craquer ? "Oui, tout à fait". Au point de quitter la police ? "Pas au point de me dire que j'ai envie de changer de métier parce que j'adore ce métier et mes collègues, mais parfois, certains autour de moi y pensent oui".