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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Gilets jaunes : près de 60% des radars ont été dégradés depuis le début du mouvement

jeudi 10 janvier 2019 à 14:30 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Six radars routiers sur dix ont été dégradés dans le pays depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", a annoncé le ministre de l'Intérieur ce jeudi. Christophe Castaner qualifie ceux qui s'en prennent aux radars "d'imbéciles, d'inconscients, d'inconséquents."

Un radar endommagé à Dijon, en Côte-d'Or.
Un radar endommagé à Dijon, en Côte-d'Or. © Maxppp - JC Tardivon

Le long des routes du pays, ils sont nombreux à être bâchés, tagués, cassés ou encore incendiés. "Près de 60%" des radars routiers ont été dégradés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", a indiqué  ce jeudi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Près de 60% des radars aujourd'hui ont été neutralisés, attaqués, détruits par celles et ceux qui se revendiquent de ce mouvement-là", a dit le ministre à la presse après avoir présenté ses vœux à la gendarmerie à Paris. Mercredi, RTL révélait qu'en décembre, le nombre d'excès de vitesse avait bondi de 30%. 

J'ai vu certains imbéciles s'afficher à côté de radars brûlés. Je ne leur souhaite pas d'être un jour confronté à la réalité d'une mort sur la route" - Christophe Castaner 

"J'ai vu sur les réseaux sociaux certains imbéciles s'afficher à côté de radars brûlés. Je ne leur souhaite pas d'être un jour confronté à la réalité d'une mort sur la route", avait déclaré le ministre quelques minutes plus tôt dans son discours devant les gendarmes. "Il n'y a pas de politique du chiffre, il y a une politique de la vie", avait-il ajouté, qualifiant ceux qui s'en prennent aux radars "d'imbéciles, d'inconscients, d'inconséquents".

Jusqu'à maintenant, les autorités se refusaient à donner un chiffre précis sur les dégradation et à faire un lien direct avec le mouvement de contestation des "gilets jaunes" né le 17 novembre. Environ 3.200 radars fixes sont installés sur les routes de France, dont 2.500 pour contrôler la vitesse, selon les chiffres officiels.

Les 80 km/h, cible de la colère des automobilistes

Depuis cet été, les radars font l'objet d'une colère croissante des automobilistes et des motards opposés à la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central, entré en vigueur le 1er juillet. 

La majorité des radars endommagés dans de nombreuses régions 

Dans de nombreuses régions, la plupart des radars fixes installés au bord des routes ont été endommagés. C'est le cas en Occitanie, où les trois quarts des radars sont hors service. En Dordogne, plus de 80% des radars sont hors d'état de marche. Dans les Pyrénées-Orientales, la plupart des radars sont aussi pris pour cible. 

C'est aussi le cas dans le nord de la Lorraine et  dans le Loiret. Dans le Territoire de Belfort, tous les radars du département ont été abîmés. Dans le Berry aussi, la quasi-totalité des radars sont touchés,"du jamais vu" pour les gendarmes. Dans la Manche, 22 radars sur 24 sont endommagés.

En Mayenne, la moitié des radars étaient dégradés dès la fin du mois de novembre. En Indre-et-Loire, la moitié des radars sont également touchés. C'est également le cas dans l'Yonne et  dans les Landes.

Plusieurs radars ont été incendiés en Ille-et-Vilaine et dans le Finistère,  détériorés en Loire-Atlantique et en Vendée, en Provence, dans les Alpes-Maritimes, dans le Vaucluse,  ou encore dans la Drôme et en Ardèche.  C'est également le cas en Côte-d'Or.

Symbole du "racket" de l'État contre les automobilistes 

Pour leurs détracteurs, les radars incarnent le "racket" de l'État contre les automobilistes, un terme repris par certains "gilets jaunes" qui protestent contre la hausse des prix des carburants et les taxes en général. Le 30 novembre, Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, avait déploré ces actes au micro de France Bleu.

Des sanctions très lourdes

Pour l'endommagement d'un radar, les sanctions peuvent aller jusqu'à 30.000 euros d'amende et deux ans d'emprisonnement. Une destruction est elle passible de 75.000 euros d'amende et cinq ans de prison. En 2017, les radars routiers ont rapporté 1,01 milliard d'euros à l'État, selon la Cour des comptes.