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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"Gilets jaunes" : que se passe-t-il à La Réunion ?

jeudi 22 novembre 2018 à 20:02 Par Viviane Le Guen, France Bleu

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé ce jeudi qu'elle se rendra à La Réunion dans les jours qui viennent. Depuis quelques jours, l'île est secouée par des violences urbaines en marge du mouvement des "gilets jaunes".

Des "gilets jaunes" mobilisés à Sainte-Marie (La Réunion) le 22 novembre 2018
Des "gilets jaunes" mobilisés à Sainte-Marie (La Réunion) le 22 novembre 2018 © AFP - Richard BOUHET

La Réunion a vécu jeudi son sixième jour de blocages routiers, après une nouvelle nuit marquée par des violences. Interpellée par des élus de l'île lors de la séance de questions au gouvernement, Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a annoncé qu'elle se rendra sur l'île "dans quelques jours pour aller à la rencontre des Gilets jaunes et des élus du territoire."

Depuis le début de la mobilisation et l'apparition des premiers barrages routiers samedi 17 novembre, l'île vit au ralenti. "Je travaille à Saint-Denis et depuis quelques jours, le matin, la ville est déserte alors qu'habituellement il y a énormément d'embouteillages" témoigne Pascal, installé depuis 10 ans à La Réunion.

Les établissements scolaires, comme la plupart des services publics, sont fermés depuis lundi. Dans toutes les communes de l'île, les rayons des épiceries et des supermarchés commencent à se vider. Seuls "quelques commerces sont ouverts, ou d'autres ouvrent uniquement la matinée, or, comme nous, beaucoup d'habitants n'avaient pas anticipé que le mouvement dure si longtemps" raconte ce père de famille. Conséquence, "dès qu'un magasin ouvre, c'est la cohue." 

"Plusieurs approvisionnements n'ont pu être réalisés dont l'approvisionnement des éleveurs en aliments, l'approvisionnement en médicaments de certains hôpitaux et l'approvisionnement en carburant de l'aéroport", a également indiqué la Préfecture ce jeudi.

"Une crise sociale profonde"

Malgré le couvre-feu imposé par la préfecture entre 21h00 et 6h00, 103 personnes ont été interpellées depuis le 17 novembre pour des pillages, des incendies et des dégradations. Plusieurs d'entre elles ont déjà été condamnées à des peines de prison ferme lors de procédures en comparution immédiate.

"Il est important de différencier le mouvement des 'gilets jaunes', pacifique et bon enfant la journée, de ce qui se passe une fois la nuit tombée" explique François Hermet, maître de conférences en sciences économiques à l'université de La Réunion. Interrogé par franceinfo, ce dernier estime que "la grande majorité des habitants" n'est pas solidaire des casseurs, "des jeunes désœuvrés" issus de "quartiers défavorisés" qui "n'ont plus rien à perdre".

Sur l'île, la mobilisation dépasse largement la question de la hausse des prix du carburant. Pour le comprendre, il suffit de se pencher sur les indicateurs économiques et sociaux. Selon l’Insee, en 2015, 40 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté alors même que "le coût de la vie est plus élevé" rappelle Pascal. "Les yaourts, la viande : de nombreux produits alimentaires sont beaucoup plus chers qu'en métropole."  

Si les fonctionnaires bénéficient d'une prime de vie chère, ce n'est pas le cas d'une autre partie de la population. Une situation qui génère une sentiment "d'incompréhension" et "d'injustice" selon François Hermet pour qui ces événements témoignent de la "crise sociale et politique" profonde qui touche le département d'Outre-mer.

"Ce qui arrive à La Réunion était prévisible"

Pour tenter de calmer la colère, la région Réunion a annoncé mardi que l’augmentation de la taxe sur le gazole et le sans-plomb serait gelée sur l’île jusqu’en 2021. Mais les manifestants attendent plus. 40 élus ont notamment remis au préfet un mémorandum présentant dix propositions pour l’île, sur le pouvoir d’achat, l’insertion des jeunes ou encore le développement de l’activité dans le BTP, l’agriculture et le tourisme.

"Ce qui arrive à La Réunion était prévisible" a pour sa part reconnu Annick Girardin ce jeudi sur franceinfo. "On n'a pas apporté les solutions qu'il fallait pendant un certain nombre d'années. Mais dans le livre bleu des Outre-mer, il y a une direction qui est prise, dans la loi égalité-réelle il y a une direction qui a été prise pour transformer ces territoires" a-t-elle assuré.