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Société

Gironde : 130 surveillants de la prison de Gradignan mis à pied après le mouvement de contestation

vendredi 10 août 2018 à 17:14 Par Mélanie Juvé et Edouard Marguier, France Bleu Gironde et France Bleu

130 surveillants de la prison de Gradignan en Gironde ont été sanctionnés par des mises à pied, après le mouvement de contestation national en janvier annoncent ce vendredi les syndicats. L'Administration pénitentiaire a confirmé ces chiffres.

Le mouvement de contestation des surveillants à la prison de Gradignan en janvier 2018.
Le mouvement de contestation des surveillants à la prison de Gradignan en janvier 2018. © Maxppp - Maxppp

Gradignan, France

Sept mois après le mouvement de colère inédit dans les prisons françaises, les surveillants de la prison de Bordeaux-Gradignan se disent victimes de l'acharnement de l'administration pénitentiaire. 130 personnels de Gradignan ont été sanctionnés par des mises à pied, ont annoncé ce vendredi les syndicats. La moitié a pris dix jours de mises à pied avec sursis et l'autre moitié cinq jours de mises à pied ferme et cinq jours avec sursis.

Des fonctionnaires qui ont "mis en danger la sécurité" de l'établissement

Cette contestation avait eu lieu en janvier après l'agression au couteau de trois de leurs collègues par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. Les surveillants qui n'ont pas le droit de grève, avaient déposé des arrêts maladie de contestation. L'Administration pénitentiaire précise à France Bleu Gironde que les sanctions sont communiquées plusieurs mois après le mouvement car il a fallu vérifier la crédibilité de chaque arrêt maladie. Elle explique, par ailleurs, que ces sanctions ont étés calculées à partir de la deuxième semaine du mouvement, lorsque les agents grévistes ont "mis en danger la sécurité des établissements pénitentiaires", notamment en bloquant l'accès à la prison.

"Quand vous vous faites agresser et qu'on vous sanctionne derrière automatiquement avec des mises à pied qui peuvent monter jusqu'à 15 jours... aujourd'hui il n'y a aucun moyen pour un agent pénitentiaire de protester." témoigne Nicolas Mattioni délégué Ufap-Unsa Justice à Bordeau-Gradignan. 

"C'est carrément des représailles de l'administration pénitentiaire" — Nicolas Mattioni, délégué Ufap-Unsa Justice

L'Ufap-Unsa Justice indique que les arrêts maladie de plus de 200 personnels n'ont pas été pris en compte et veulent saisir la justice contre ces sanctions.