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Société

Gironde : 200 personnes au tribunal contre le compteur Linky

jeudi 26 avril 2018 à 17:37 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Plusieurs avocats vont saisir la justice au nom de 200 Girondins, et de plus de 4 000 personnes partout en France. Leur but ? Que leurs clients conservent (ou retrouvent) des compteurs de l'ancienne génération, plutôt que Linky, ce compteur "intelligent", qu'Enedis veut généraliser d'ici 2021.

Le compteur Linky, l'objet de la discorde.
Le compteur Linky, l'objet de la discorde. © Maxppp - Sébastien Jarry

Bordeaux, France

La guerre contre les compteurs Linky se déplace au tribunal. C'est une action inédite qui va être menée à Bordeaux et en France dans les prochaines semaines. 20 tribunaux vont être saisis en référé à la demande de consommateurs qui ne veulent pas du compteur Linky. Plusieurs avocats proposent de s’inscrire sur ce site internet, (jusqu'au 6 mai) au prix de 48 euros. Concrètement, tous ceux qui ne souhaitent pas avoir un compteur Linky, (ou le faire retirer s'il a déjà été posé), et sont inscrits sur la plateforme, seront défendus devant le juge judiciaire de Bordeaux dans le courant du mois de juin. A Bordeaux, c'est Pierre Hurmic, également conseiller municipal EELV, qui est à la manœuvre, assisté d'Arnaud Durand et Christophe Lèguevaques, avocats au barreau de Paris. Sur le paln national, ils seont accompagnés par l'avocate et l'ancienne ministre Corinne Lepage. 

Les anti-Linky lors de la conférence de presse à Bordeaux, ce mercredi.  - Radio France
Les anti-Linky lors de la conférence de presse à Bordeaux, ce mercredi. © Radio France - Thomas Coignac

Leur mécontentement porte sur trois points : 

  • La liberté de choix 

Pour les avocats, Enedis impose la pose de compteurs Linky, en les faisant passer pour obligatoires. Le trio d'avocats parle même de pressions, se SMS et de mails envoyés aux consommateurs récalcitrants. Des méthodes "inquisitoriales, dit Pierre Hurmic. Enedis dit que la pose  du compteur est obligatoire. C'est mensonger !". Du côté de l'entreprise, on tient sur ses positions  : "Nous avons l'obligation légale de remplacer les compteurs, en raison d'une directive européenne". Quitte, dénoncent les mécontents, à casser les cadenas interdisant l'accès aux compteurs des récalcitrants. C'est un point que la justice devra trancher. 

  • Le droit au respect de la vie privée 

C'est sur ce point que les anti-Linky sont les plus virulents. "_Le compteur Linky, c'est un véritable cheval de Troie_, tonne Arnaud Durand. Il permet de savoir à quelle heure une personne chez elle, via sa consommation d'électricité. Et ce sont des données qu'ensuite vous pouvez revendre, parce que ça intéresse les démarcheurs téléphoniques à quelle heure vous êtes chez vous". Là aussi, Linky met très vite le holà : "Les données sont la propriété exclusive des clients, et Enedis ne les vendra pas, dit Jean-Philippe Dreuille, le directeur d'Enedis pour Bordeaux-Métropole. De toute façon, on ne peut pas savoir quels équipements fonctionnent, nos compteurs ne sont pas programmés pour le faire". Pas programmés, mais conçus pour cela, disent les avocats, qui craignent un retournement de situation. 

  • Le droit au respect de la santé

Ici, ce point s'articule autour des ondes émises par le compteur, dont souffrent les personnes souffrant d'électrosensibilité. Maux de tête, troubles du sommeil, nausées, irritabilité, fourmillements dans les doigts ou encore problèmes cutanés sont les symptômes recensés par l'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire. Cette même organisation avait établi un premier rapport sur les compteurs Linky, en décembre 2016, recommandant des études approfondies sur les effets qu'ils pouvaient avoir sur la santé. Dans un second rapport, en février 2017, l'Anses affirmait que ces compteurs n'étaient "vraisemblablement pas dangereux". Devant ces hésitations, les anti-Linky demandent l'application du principe de précaution pour les non-malades, et le retrait du compteur pour les personnes malades. 

Audience prévue en juin ?

Toutes ces discussions devront donc être tranchées par un juge bordelais, ainsi que dans 19 autres tribunaux de grande instance. Les prochaines semaines vont être consacrées à l'examen des dossiers des personnes inscrites sur lé plateforme. Une date d'audience devrait ensuite être fixée pour le mois de juin, mais ne concerner que les personnes inscrites sur la plateforme. Objectif, pour les anti-Linky : obtenir des jurisprudences pouvant ensuite s’appliquer à tous. 

De son côté Enedis défend son nouveau compteur, en expliquant qu'il permet d'encourager aux économies d'énergie, en indiquant précisément au client quelle est sa consommation pour un mois donné, plus précisément que lorsque les compteurs étaient relevés à la main.