Société

Gironde : à Saint-Caprais-de-Blaye, la solidarité fonctionne à plein pour accueillir une famille de réfugiés

Par Damien Gozioso, France Bleu Gironde et France Bleu mercredi 2 novembre 2016 à 18:39

Hussein, Assia et leurs enfants posent devant la maison rénovée qu'ils occupent.
Hussein, Assia et leurs enfants posent devant la maison rénovée qu'ils occupent. © Radio France - Damien Gozioso

Depuis une dizaine de jours, le village du Nord-Gironde de Saint-Caprais-de-Blaye accueille une famille de réfugiés syriens. Une bonne partie du village s'est mobilisée pour faciliter leur arrivée et leur intégration.

Saint-Caprais-de-Blaye est un petit bourg de 500 habitants, et six de plus depuis quelques jours. Hussein, Assia et leurs quatre enfants âgés de 5 à 8 ans y ont emménagé. Originaires d'Alep, ils ont fui la guerre, traversé la Méditerranée en canot pneumatique avant d'arriver en Europe, puis en France. Ils sont arrivés à Saint-Caprais grâce à l'association France Horizon, et depuis, sont touchés par un fort élan de solidarité à leur égard.

Prêts de meubles, de vaisselle, de lits...

La famille loge dans une bâtisse complètement rénovée, à deux pas de la mairie. Pendant neuf mois, une petite équipe de bénévoles a rénové cette petite maison, Jacky se remémore : "On a été de surprise en surprise, c'était une vieille maison, il y avait des poutres vermoulues qu'il a fallu changer... On a tout remis en état, fait les peintures, les sols, les sanitaires, la plomberie et l’électricité. On est content de nous, d'avoir fait quelque chose de bien !" La famille, avec le statut de réfugié, va pouvoir bénéficier de certains minima sociaux et ainsi payer notamment le loyer de cette maison.

La priorité de la famille est maintenant d'apprendre le français, dès la fin des vacances de la Toussaint les enfants iront à l'école. Et pour aider tout le monde, Jeanine, ancienne directrice d'école à Saint-Ciers-sur-Gironde aidera parents et enfants à progresser. "J'ai croisé hier pas hasard Mustapha, l’aîné des enfants qui a huit ans, raconte Jeanine, il maîtrise déjà quelques mots de français et a pu traduire la conversation entre son père et moi. Donc je suis pleine d'espoir, je pense que ces enfants vont très vite et très bien s'intégrer". Maxime, garagiste à Reignac a lui décidé de prêter une voiture à la famille : "À la campagne, c'est quasiment indispensable pour être autonome. Et puis si on veut qu'ils s’intègrent, il faut bien qu'ils puissent découvrir les environs. Je promets pas de prêter une Rolls, mais une voiture en état pour transporter toute la petite famille".

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Lettres anonymes

La famille est très touchée par cet accueil à bras ouverts. "J'ai été très surpris qu'autant de monde nous accueille aussi chaleureusement, nous prête des meubles, de la vaisselle, avoue Hussein, le papa, qui était chauffeur de taxi à Alep. Nous sommes vraiment heureux d'être là, nous voulons vraiment remercier tout le monde, le village est maintenant comme une deuxième famille pour nous".

Pour remercier les habitants bénévoles et solidaires, la municipalité a organisé une petite réception ce mercredi. Philippe Plisson, le député-maire PS de St-Caprais-de-Blaye, qui a œuvré dès le début pour héberger cette famille est heureux de la manière dont ils sont accueillis : "Je suis heureux et ému d'avoir été au bout de ce projet, d'avoir mobilisé autant de bénévoles qui aujourd'hui sont fiers de ce qu'ils ont fait. Cette famille qui a connu les pires horreurs est aujourd'hui chez elle dans ce village. Cette solidarité est belle, mais en même temps, j'ai l'impression qu'elle devrait être naturelle." Philippe Plisson ne minimise pas le fait qu'une frange de ses administrés n'est pas favorable à cet accueil et le regrette : "On a ce devoir de solidarité, et pourtant je reçois des lettres anonymes, j'entends des réflexions idiotes. Je ne comprends pas ce cœur sec, ce rejet de l'autre alors que franchement, la France – malgré tous ses problèmes – est peut-être le pays où il y a les meilleures conditions, la meilleure équité sociale. On devrait être conscient du bonheur que nous avons de vivre dans un pays en paix avec toutes ces garanties et justement s'ouvrir aux autres et à ceux qui ont besoin".

Philippe Plisson : "Cette famille est aujourd'hui chez elle"