Société

Gironde : un abattage clandestin de moutons découvert à Saint-Médard d'Eyrans

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 12 septembre 2016 à 19:24

Mouton (photo d'illustration)
Mouton (photo d'illustration) © Maxppp - Jean-Luc Flémal

En pleine fête de l’Aïd el-Kébir, quatre moutons ont été découverts dans un lieu d'abattage clandestin ce lundi matin Saint-Médard d'Eyrans. À l'appel d'une association de protection animale, les gendarmes sont intervenus mais un mouton avait déjà été égorgé.

C'est la "fête du sacrifice" pour les musulmans depuis ce lundi matin. Il s'agit de la commémoration du sacrifice d'Abraham. En France, cet abattage rituel est très encadré mais dans certains cas, ces règles ne sont pas respectées.

Les gendarmes de Castres-Gironde sont intervenus à l'appel de l'association Venus, spécialisée dans la protection animale. Le président Didier Talou-Blanchard est immédiatement intervenu pour stopper cet abattage clandestin.

L'abattage rituel clandestin est totalement illégal, c'est un fait de fêter l'Aïd mais ils peuvent chercher le mouton dans des abattoirs réglementés. — Didier Talou-Blanchard.

Les trois autres moutons ont pu être remis à l'association 30 millions d'amis.

"Un abattage pas étonnant car il n'y a pas d'encadrement"

Cet abattage clandestin n'est pas étonnant pour le conseil régional du culte musulman d'Aquitaine (CRCM). Pour son président Charafeddine Mouslim, "c'est de la faute de la Préfecture".

Cet abattage n'est pas du tout encadré, la Préfecture a abandonné les musulmans. De notre part, on fait tout notre possible pour veiller à ce que les fidèles respectent la loi mais nous n'avons pas autorité sur tout le monde. — Charafeddine Mouslim

En ce qui concerne la Préfecture de la Gironde, les musulmans ne font de pas demandes d'abattage temporaire comme l'État le propose en période de fête de l'Aïd. De ce fait, "les seuls disponibles sont dans les départements voisins comme à Bergerac" explique Jean-Charles Quintard, le directeur départemental de la protection des populations. En Gironde, aucun abattage ne permet ce type de sacrifice religieux.

Redistribuer la somme du sacrifice aux plus démunis

C'est ce que rappelle le CRCM et la Préfecture. En effet, les fidèles ont la possibilité de donner l'équivalent de la somme d'un mouton aux plus démunis au lieu de procéder à l'abattage. Charafeddine Mouslin rappelle également que l'abattage se pratique de moins en moins en France et que les fidèles reversent l'argent pour l'aumône. Les fidèles ont également la possibilité d'acheter un mouton déjà abattu dans les principes de la religion musulmane dans des boucheries Halal.

Pour rappel, un mouton coûte environ 250€.

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