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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Gironde : une seconde vie pour le "cimetière des oubliés", à Cadillac

dimanche 11 novembre 2018 à 17:22 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

Le cimetière des oubliés, où pendant 80 ans ont été inhumés des patients de l'hôpital psychiatrique de Cadillac, va faire l'objet d'une restauration complète, financée en grande partie par la région. Ces travaux ont été présentés ce dimanche, à l'occasion des cérémonies du centenaire de l'Armistice.

Le carré des poilus au cimetière des oubliés, à Cadillac
Le carré des poilus au cimetière des oubliés, à Cadillac © Radio France - Pierre-Marie Gros

Cadillac, France

C'est un des seuls cimetières du genre qui subsistent en France. Dans le "cimetière des oubliés" de Cadillac, ont été enterrés pendant 80 ans, de 1922 jusqu'aux années 2000, au moins 5.000 personnes de l'asile d'aliénés, devenu ensuite hôpital de psychiatrique. Et parmi les 900 sépultures, se trouvent le carré militaire, où sont enterrés 98 combattants de la guerre 14-18. Des soldats qui avaient perdu la raison dans les tranchées, ceux que l'on appelait "les mutilés du cerveau". Ces hommes, détruits psychologiquement par les horreurs de la Grande Guerre, ne sont jamais ressortis de là, la plupart oubliés par leurs familles. 

"Il n'y a a presque plus de cimetière dans les hôpitaux psychiatriques, la plupart ont été détruits pour agrandir les établissements, précise le professeur Michel Benezech, ancien psychiatre du CHS de Cadillac, et ancien président de l'association des amis de ce cimetière. D'où l'intérêt de le sauvegarder, car il reflète l'histoire du XXème siècle, avec des patients de la première, puis de la deuxième guerre mondiale, avec des gens venus de toute l'Europe". 

"Un des derniers cimetières dans un hôpital psychiatrique en France" le professeur Michel Benezech

Les officiels pendant la cérémonie au cimetière des oubliés  - Radio France
Les officiels pendant la cérémonie au cimetière des oubliés © Radio France - Pierre-Marie Gros

Ce cimetière, laissé à l'abandon pendant longtemps, et classé depuis 2010 aux Monuments Historiques, va être entièrement restauré, pour en faire un lieu de mémoire. Le chantier a été présenté ce dimanche, à l'occasion des commémorations du centenaire de l'Armistice . La cérémonie a également été l'occasion d'inaugurer la première tranche de travaux réalisée cet été : la réfection du mur mitoyen avec le cimetière communal, qui a coûté 123.000 euros, dont 70% pris en charge par le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine. 

Eux aussi étaient en quelque sorte des gueules cassés, et nous leur rendons hommage - Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine 

"Nous allons financer cette réhabilitation jusqu'au bout" Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine

"C'est une façon d'honorer la mémoire de ceux que la Guerre a proprement brisés, d'autres gueules cassés, explique Alain Rousset, le président de la Région. Parce que c'est un lieu de mémoire, je me suis dit que le conseil régional pouvait financer les travaux jusqu'au bout." 

Conserver l'âme du lieu 

Car le chantier que se propose d'accompagner la Région ne fait que débuter. Il a été confié à Delphine Gramaglia, architecte du patrimoine basée à à Bordeaux, qui tout en gardant l'âme du lieu , "sa sobriété et son austérité" ,veut en faire un site pédagogique pour les générations futures. "Pourquoi pas imaginer à l'entrée une vidéo qui présente l'endroit, son histoire. Puis à l'intérieur, un mur où seraient inscrits les noms de tous ceux qui sont enterrés là". 

"En faire à nouveau des humaines, avec un nom, une identité et une histoire"

La plaque des anciens combattants au carré militaire du cimetière - Radio France
La plaque des anciens combattants au carré militaire du cimetière © Radio France - Pierre-Marie Gros

Il s'agit de réhabiliter la mémoire de ces malades morts la plupart dans l'oubli , car la plupart des 900 croix métalliques qui composent ce cimetière ne portent pas de nom. Martine Bajolle est la secrétaire de l'association des amis du cimetière des oubliés, et elle se félicite de la  dignité redonnée à ces défunts. "J'avais l'impression que ce n'était plus que des ossements, et plus des hommes. Et notre souci a toujurs été de leur redonner leur statut d'homme, avec une identité, en leur redonnant une histoire". "Ce devoir de mémoire était important, ajoute Jocelyn Doré, le maire de Cadillac, car ces morts font partie non seulement de l'histoire locale, mais aussi de l'Histoire de France." 

Nous allons ressusciter les oubliés - Jocelyn Doré, maire de Cadillac 

"Etre attentif au devoir de mémoire pour les générations à venir" Jocelyn Doré, le maire de Cadillac

Cette restauration va coûter 900.000 euros et doit être terminée pour le 11 novembre 2019. Le Conseil Régional  voudrait à terme intégrer le cimetière des oubliés de Cadillac à un parcours des lieux de mémoire en Nouvelle-Aquitaine, avec entre autres le village martyr d'Oradour-sur-Glane et le camp de Gurs, en Béarn. 

Pendant la cérémonie au cimetière des oubliés - Radio France
Pendant la cérémonie au cimetière des oubliés © Radio France - Pierre-Marie Gros