Société

GPA, PMA : couac au Parti socialiste sur la loi famille

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 3 février 2014 à 9:42 Mis à jour le lundi 3 février 2014 à 17:30

GPA, PMA : le gouvernement ne veut pas les légaliser, rappelle lundi Manuel Valls
GPA, PMA : le gouvernement ne veut pas les légaliser, rappelle lundi Manuel Valls © MaxPPP

Au lendemain d'une nouvelle manifestation de la Manif pour tous, la future loi famille a provoqué en quelques heures lundi un couac au gouvernement, et plus largement chez les socialistes. Tout est parti d'une déclaration de Manuel Valls, affirmant que "le gouvernement s'opposera à des amendements" sur la gestation pour autrui (GPA) et la procréation médicalement assistée (PMA).

La future loi famille a provoqué lundi la discorde chez les socialistes et jusqu'au sommet de l'État. À l'origine, c'est Manuel Valls qui a voulu répondre au collectif Manif pour tous, au lendemain de deux manifestations à Paris et Lyon qui ont réuni au moins 100.000 personnes. Mais les déclarations du ministre de l'Intérieur ont entraîné un couac gouvernemental.

Acte I : la sortie de Manuel Valls

C'est la première fois qu'un ministre affirme que le gouvernement s'opposera à tout amendement sur ces deux questions sensibles : GPA (gestation pour autrui) et PMA (procréation médicalement assistée). Manuel Valls a évoqué le sujet lundi sur RTL, pour désamorcer un des arguments des organisateurs de la Manif pour tous.

Plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti, ont répété que le projet de loi ne prévoit pas d'ouvrir la PMA aux couples de lesbiennes ni d'autoriser les mères porteuses en France . Mais le ministre de l'Intérieur va plus loin en affirmant que le gouvernement n'étudiera aucun amendement sur ces sujets.

Acte II : la réponse du patron des députés PS

Trop loin ? Quelques minutes plus tard sur Radio Classique, le patron des députés socialistes manifeste son désaccord. Bruno Le Roux parle d'une annonce "prématurée" , et demande à Manuel Valls de respecter "la règle du jeu", c'est-à-dire d'attendre l'avis du Comité consultatif national d'éthique. Bruno Le Roux a ajouté que les socialistes seront là pour "ouvrir de nouveaux droits" .

Bruno Le Roux remet également en cause le calendrier de cette loi famille, qui selon lui n'est pas encore fixé. Pourtant, le gouvernement a communiqué sur une présentation devant le Conseil des ministres en avril, pour un débat parlementaire dans les six derniers mois de l'année.

Acte III : un recul de Jean-Marc Ayrault ?

Peu après l'interview de Bruno Le Roux sur son antenne, le directeur de la rédaction de Radio classique affirme sur Twitter que le Premier ministre n'est pas favorable à l'adoption de la loi Famille cette année > Selon les informations d'Europe 1, le gouvernement voudrait même enterrer cette loi. En tou cas, lundi en fin de matinée, Matignon a effectivement fait machine arrière en déclarant dans un communiqué que le calendrier n'était "pas arrêté".

Acte IV : les mises au point

Dans ce même communiqué, le Premier ministre fait savoir que le gouvernement s'opposera à d'éventuels amendements sur la PMA et la GPA.

Même son de cloche au PS, qui a dans la foulée affirmé ne pas vouloir de "débat" ni de "proposition" sur la PMA ou GPA dans la loi famille.

Acte V : le recul du gouvernement

Lundi en fin d'après-midi, l'entourage du Premier ministre a reconnu que finalement, la loi sur la famille ne serait pas lancée en 2014. Officiellement, il s'agit de "travaux préparatoires" à terminer et d'un "calendrier parlementaire dense".

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