Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

VIDÉOS - "Chemins d'avenirs", cette association qui aide les jeunes vivant en zone rurale à trouver leur voie

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Mayenne

L’association Chemins d'avenirs aide les jeunes qui vivent en milieu rural à révéler leur potentiel, grâce à l'aide de parrains qui exercent des métiers dont ils rêvent. Angèle, 19 ans, originaire de l'Allier, est en prépa dans une école d'Ingénieurs de Laval. Elle a trouvé sa voie grâce à Laurence.

Angèle Minet, 19 ans, est étudiante à l'Estaca, l'école d'ingénieurs en transports et aéronautique de Laval.
Angèle Minet, 19 ans, est étudiante à l'Estaca, l'école d'ingénieurs en transports et aéronautique de Laval. © Radio France - Cathy Dogon

Il y a deux ans, alors qu'elle était élève de première à Moulins, Angèle, originaire de Bourbon-l'Archambault dans l'Allier, ne s'imaginait pas pouvoir un jour accéder à l'Estaca, une prestigieuse école d'ingénieurs spécialisée en transports et en aéronautique. Pourtant, la jeune femme de 19 ans est aujourd'hui étudiante dans la prépa intégrée de l'école à Laval, en Mayenne. "Sans l'aide de ma marraine, je ne serais pas dans cette école", confie la jeune femme.

Si elle a pu accéder à cette école, c'est grâce à l'association Chemins d'avenirs et à Laurence, sa marraine. L’association, créée par Salomé Berlioux en 2016, permet à des jeunes collégiens ou lycéens qui vivent en milieu rural, via un système de parrainage, d'accéder aux métiers dont ils rêvent, mais qui leur paraissent inaccessibles.

"Les écoles privées ? C'était pour les personnes plutôt aisées, pas pour moi"

Il y a deux ans, après avoir découvert l’association dans son lycée, Angèle, passionnée d'architecture, d'aéronautique et d'astronomie est mise en contact avec Laurence, chargée de finance dans l’aéronautique, basée à Paris. "Laurence m'a beaucoup aidée", explique Angèle. A travers les sessions Skype guidées par l'association, "On a pu travailler sur ce que j'aimais vraiment, sur ce que je voulais faire, et surtout recentrer mes choix." A l'époque, la lycéenne exclut d'emblée une école privée : "Je me disais que ce n'était pas pour moi. C'était pour les personnes plutôt aisées, qui avaient de l'argent.

Une problématique résumée par Salomé Berlioux, la fondatrice de Chemins d'avenirs, sur France Bleu en janvier dernier : "Ces jeunes-là cumulent les obstacles d'une part, et d'autre part ils restent 'hors radar', dans l'angle mort des dispositifs d'égalité des chances", expliquait-elle. "Ils n'ont pas forcément les mêmes chances de départ que des jeunes qui grandissent dans le cœur de Bordeaux ou de Lille". 

Quand on vient d'un tout petit village que personne ne connaît, on se sent inférieur"

Les freins ne sont pas seulement financiers : "Quand on vient d'un tout petit village que personne ne connait, et pas d'une grande ville comme Paris ou Toulouse, on se sent inférieur", explique Angèle. "On pense qu'on va moins bien réussir. Je pense que c'est simplement de l'autocensure." Un sentiment que confirme Salomé Berlioux : "L'autocensure, la question de l'isolement géographique, les questions financières font que parfois bouger concrètement, ça coûte cher. Et puis il y a des blocages psychologiques : on ne se sent pas forcément autorisé quand on est un collégien ou un lycéen qui grandit dans les Vosges, dans la Nièvre ou dans les Pyrénées-Orientales, à envisager de partir loin", résumait-elle en janvier.

Mais grâce aux conseils de Laurence, sa marraine, Angèle se décide pour l'Estaca. Elle envisage un prêt étudiant, gagne en assurance.

"Quand on vit à la campagne, les choix sont plus restreints"

Le manque de modèles, d'exemples autour de soi, joue aussi à plein dans le fait de ne pas oser. Élevée à saint-Aubin des Bois, un tout petit village de l'Eure et Loir, Laurence, la marraine d'Angèle, s'est également sentie freinée au moment de choisir son orientation. "J'ai été élevée à la campagne, où mes parents étaient agriculteurs. Je voulais travailler dans le cinéma ou la banque. J'aurais aimé faire de la production, de la mise en scène. Mais mes parents ne connaissaient absolument personne dans ce milieu, et pour travailler dans le cinéma, commencer à Chartres, c'était impossible ! En troisième, j'ai pu faire un stage dans un banque, alors que qu'à Chartres, je n'aurais pas pu trouver de société de production de cinéma. J'ai l’impression que quand on vit à la campagne, les choix sont plus restreints."

De Bourbon-l'Archambault à la planète Mars

L'accompagnement de l’association se fait sur Skype, grâce à des sessions mensuelles. Une boîte à outils fournie par l'association permet de guider les séances. "C'est très agréable de se sentir utile, et grâce à Angèle, je me sens utile", confie Laurence. Et puis on ressent en ce moment beaucoup la fracture sociale, avec le mouvement des gilets jaunes. Cette fracture sociale est terrible. Avec des actions comme celle de l’association, on peut essayer de remettre de la cohésion sociale dans le pays."

Aujourd'hui, Angèle ne se fixe plus de limites. La jeune femme aimerait devenir ingénieure dans l'aérospatiale. "Travailler sur la conception des fusées, et même les projets sur Mars, partir à la conquête de l'espace !" Elle poursuit : "Pour moi, une école comme celle-ci, c'était inatteignable, et en fait pas tant que ça. Donc maintenant,  il faut être le plus ambitieux possible !"

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu