Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Gradignan : les surveillants de la maison d'arrêt dénoncent une montée de la violence

mercredi 3 décembre 2014 à 6:30 France Bleu Gironde

Les personnels du centre pénitentiaire de Gradignan sont rassemblés ce mercredi matin devant leur établissement, en signe de soutien à leurs collègues agressés. Dix surveillants ont été violemment pris à partie par des détenus ces quinze derniers jours. Les syndicats dénoncent le "laxisme" de la direction.

La maison d'arrêt de Gradignan
La maison d'arrêt de Gradignan © Radio France

Les surveillants de la maison d'arrêt de Gradignan sont rassemblés ce mercredi matin  devant les portes de l'établissement, à l'appel de l'Intersyndicale UFAP/CGT et FO. Ils veulent dénoncer la recrudescence des tensions au sein du centre pénitentiaire.

Dix surveillants ont été agressés par des détenus ces deux dernières semaines, dont cinq pour la seule journée de jeudi dernier. Un gardien notamment a été sérieusement blessé, et son agresseur mis en examen. Les auteurs présumés de deux autres agressions ont été transférés vers les centres d'Angoulême et de Mont-de-Marsan.

Les syndicats mettent directement en cause leur directeur qui selon eux, serait trop laxiste, et n'appliqueraient pas des sanctions disciplinaires à la hauteur de la gravité des faits.ILs demandent donc le départ du chef d'établissement

"Notre direction manque d'autorité, elle n'applique pas toutes les sanctions disciplinaires. Les détenus se sentent impunis, et ont l'impression de pouvoir faire tout ce qu'ils veulent." — Cédric Lassaigne, délégué CGT

Pour les syndicats, le climat de plus en plus tendu au sein de l'établissement a des répercussions sur les conditions de travail.

"Les collégues sont stressés, ils sont fatigués physiquement et moralement. Ils souffrent de ne pas être considérés. Certains sont proches du burn-out." — Bruno Maurille, délégué UFAP/UNSA à la maison d'arrêt de Gradignan

"Il faut que la direction prenne enfin ses responsabilités"

 

Du côté de l'administration pénitentaire, on répond que l'émotion est légitime, car les agressions ont été particulièrement violentes, mais qu'il n'y a aucune raison de remettre en cause la direction.

"Ces agressions sont vraiment des phénomènes isolés, qui n'ont aucun rapport les uns avec les autres, liés aux personnalités des agresseurs. C'est malheureusement une conjonction d'évènements graves, et je ne vois pas de lien avec la politique disciplinaire menée par le chef d'établissement". — Sophie Bleuet, la directrice interrégionale des services pénitentaires en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Comme la plupart des prisons françaises, la maison d'arrêt de Gradignan souffre de surpopulation. Elle compte actuellement 650 détenus pour 450 places, mais d'après l'administration pénitentiaire, la situation s'est améliorée depuis la fin de l'été. Direction et syndicats s'accordent malgré tout à dire que la vétusté des locaux n'arrange pas le climat au sein de la maison d'arrêt. La reconstruction du bâtiment, maintes fois annoncée puis reportée, est à présent programmée pour 2016. Une annonce à laquelle ne croit pas du tout pour l'instant Delphine Payen-Fourment, la coordinatrice de l'Observatoire International des Prisons en Aquitaine.

Delphine Payen-Froment était l'invitée ce matin de France Bleu Gironde

 

La direction manque-t-elle d'autorité ?