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Société

Grand angle : les prix des assurances explosent en Corse

jeudi 6 septembre 2018 à 11:06 Par Hélène Battini et Marion Galland, France Bleu RCFM

Vivre en Corse coute très cher, surtout plus que sur le continent, et il est un domaine qui a fait beaucoup parler il y a des années, celui des assurances. Quatre ans après le dépôt des armes par le FLNC, les clients paient toujours le « risque attentat ».

San Martino di Lota : Attentat contre une villa de Grisgione (2015).
San Martino di Lota : Attentat contre une villa de Grisgione (2015). © Maxppp - maxppp

Corse, France

A l'époque où les nuits bleues étaient légions, les tarifs ont flambé, pour les résidences principales et encore plus pour les résidences secondaires. Mais depuis 2014, le FLNC a entamé sa démilitarisation, les armes ont été déposées, pourtant il est toujours aussi difficile et surtout aussi couteux de s'assurer dans l'île.

100, 200 parfois même 300 euros d'écart, pour assurer une résidence principale de 80 m², disposant des mêmes prestations dans des villes similaires. Les nombreux devis que nous avons fait réaliser sont sans appel. Pire encore, lorsque ces devis sont réalisés via internet, la plupart des assureurs continentaux refusent tout simplement d'assurer la Corse. L'un d'entre eux pose carrément cette question : "votre bien se situe-t-il en France, hors Corse et DOM TOM...." et suite à la réponse une page s'ouvre et nous stipule " Votre situation ne correspond à pas à nos règles d'acceptation".

capture d'écran - Radio France
capture d'écran © Radio France - Marion Galland
capture d'écran - Radio France
capture d'écran © Radio France - Marion Galland

Le contexte

La problématique n'est pas nouvelle et a depuis longtemps attiré l'attention des associations de consommateurs, Colette Zavani, présidente du CTRC, le centre technique régional de la consommation : « Nous expliquons cette situation par le fait que depuis les années 80 la situation dans l’île était explosive à l’époque et il semble évident que depuis les tarifs restent élevés… »

Sauf que depuis 4 ans la situation politique a évolué, le FLNC a déposé les armes, pourtant pas de retentissement sur les prix, un agent d'assurance a accepté de témoigner de manière anonyme : « Le tarif est plus cher en Corse que sur le contient, la principal explication vient du risque attentat malgré le dépôt des armes du FLNC les risques sont quand même là pour les assureurs. Les clients se demandent pourquoi cela continu, notamment l’exemple de la côte d’azur qu’ils nous donnent souvent, pour eux l’argument de l’attentat ne tient plus. »

La situation est encore pire lorsqu'un continental tente d'assurer une résidence secondaire, nous avons appelé, toujours de manière anonyme,  des agences insulaires : « Ce serait une résidence secondaire, il y a deux conditions à respecter, que l’assurance de l’habitation principale soit dans notre agence et que la résidence secondaire soit loin de tout établissement public et à plus de deux kilomètres de la mer… »

Pourquoi les conditions d'assurances restent-elles donc aussi drastiques malgré l'évolution politique ? Colette Zavani, a sa petite idée :         « Vous connaissez beaucoup d’entreprises qui régressent au niveau de leurs tarifs? Vous imaginez qu’ils vont baisser de 20 ou 30 %, mais c’est une aubaine pour eux, ils font ce qu’ils veulent…»

Infraction ou stratégie commerciale ?

Obligation d'assurer sa résidence principale, plus sa résidence secondaire, cela s'appelle de la vente couplée, on pourrait presque dire de la vente forcée, mais cela n'a rien d'illégal, pas plus que de proposer des tarifs parfois exorbitants. Les assureurs étant libres de fixer leurs prix. Selon l'autorité de la concurrence, il y aurait infraction uniquement en cas d'entente entre les assureurs sur leurs tarifs, mais l'institution n'a jamais été saisie sur ce dossier. 

Pour assurer sa résidence principale, une maison, avec les mêmes prestations à Porto-Vecchio et Hyères, les offres diffèrent...

capture d'écran - Radio France
capture d'écran © Radio France - Marion Galland
  • 335 euros, 581 euros pour le même assureur (MAE) mais certaines assurances proposent même des prix en dessous des 200 euros pour Hyères. Pour la Corse, 13 des 14 assurances partenaires de la centrale n'ont pas été mesure de proposer une offre.
  • Pour un appartement 80 mètres carrés en ville, une seule offre, 436 euros par an à Ajaccio, 10 offres allant de 163 à 287 euros pour Hyères.
  • Pour l'assurance voiture, 21 partenaires sur 23 n'ont pas été mesure de proposer une offre.
capture d'écran  - Radio France
capture d'écran © Radio France - Marion Galland