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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Centenaire de la Grande Guerre : la tragique histoire d'Abancazot, poilu de vallée d'Aspe mort au front

lundi 5 novembre 2018 à 6:49 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Danny Barraud, historien de l'association "mémoire d'Aspe", a réalisé un travail colossal pour retrouver le parcours des poilus de la vallée d'Aspe. Parmi eux, Jean-Pierre Abancazot, agriculteur de Cette-Eygun. Sa femme Marianne empoisonnera leur enfant et se suicidera en apprenant sa mort.

Jean-Pierre Abancazot, de Cette-Eygun, mort à Verdun
Jean-Pierre Abancazot, de Cette-Eygun, mort à Verdun - Association "Mémoire d'Aspe"

Cent ans après l'armistice du 11 novembre 1918, la France rend hommage aux centaines de milliers de soldats morts sur les champs de bataille pendant la Grande Guerre, la plus meurtrière de notre histoire. En Béarn, la vallée d'Aspe a payé un lourd tribut. Trois cent soixante-dix hommes ne sont pas revenus du front. Une hécatombe.

Danny Barraud, historien de l'association "mémoire d'Aspe", a réalisé un énorme travail pour reconstruire le parcours des poilus de la vallée d'Aspe, comme celui de Jean-Pierre Abancazot, de Cette-Eygun, mort à Verdun. Le tragique destin d'Abancazot raconte comment le monde rural, majoritaire dans la société française du début du XXe siècle, a payé un lourd tribut au premier conflit mondial : près de 50% des pertes militaires proviennent de la campagne, une véritable saignée.

"Jean-Pierre Abancazot était un jeune homme brillant, qui avait fait des études, qui avait le certificat d'études, qui était un agriculteur plein de promesses", raconte l'historien. Le Béarnais est marié, père d'une petite fille, quand il est appelé au front en 1914 alors que "sa femme Marianne est enceinte" et "aura un autre petit garçon qui naît début 1915".

Il faut imaginer le sort de ces femmes qui sont souvent ménagères, qui se retrouvent seules, en pleine montagne.

"En 1916 on n'a plus de nouvelles de lui, poursuit Danny Barraud. Il est sur Verdun, et il disparaît (...). Au mois de mai 1917, une lettre arrive à la mairie de Cette-Eygun, qui annonce le décès de M. Abancazot. Sur le registre d'état civil en mairie, on a donc le décès de Jean-Pierre Abancazot, et dessous est enregistré le décès de Marianne et le décès de son fils de 15 mois. Elle n'a pas supporté. Elle a empoisonné son enfant et elle s'est suicidée".

"Il faut imaginer le sort de ces femmes qui sont souvent ménagères, donc qui n'ont pas de métier, qui se retrouvent seules, en pleine montagne, sans ressource, à 24 ans. On peut comprendre tout ce qui lui est passé par la tête".

"Itinérance mémorielle"

Partout en France, on rend hommage aux soldats morts sur les champs de bataille à l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre. Emmanuel Macron a entamé ce dimanche 4 novembre à Strasbourg une "itinérance mémorielle", un long déplacement dans les départements du Grand Est et des Hauts-de-France à cette occasion.

Toute la semaine, France Bleu Béarn s'intéresse à l'impact en Béarn de cette "Grande Guerre" 14-18, cent ans après.