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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

VIDÉOS - Grande Guerre : les questions que vous vous posez peut-être

mardi 6 novembre 2018 à 5:01 Par Eric Turpin, France Bleu, France Bleu Nord, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Picardie, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Alsace et France Bleu Belfort-Montbéliard

Pourquoi appelle-t-on les soldats de 1914-1918 des "poilus" ? Pourquoi les Français portent le bleuet et les Britanniques le coquelicot ? Y'avait-il des femmes sur le front ? Pourquoi dit-on la Grande Guerre ? Jean-Yves Le Naour, historien, répond aux questions que vous vous posez peut-être.

Le coquelicot, un symbole pour les Britanniques
Le coquelicot, un symbole pour les Britanniques © AFP - Philippe Huguen

A l'occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, nous avons demandé à l'historien Jean-Yves Le Naour de répondre aux questions que vous vous posez peut-être.

Pourquoi dit-on la Grande Guerre ? 

La Première Guerre mondiale est aussi appelée la Grande Guerre. Quelle est l'origine de cette expression ? Cela fait-il référence au nombre de soldats engagés de part et d'autre, au nombre de pays ? L'expression est apparue dès août-septembre 1914. Elle s'imposera définitivement aussi bien en France qu'en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Italie. 

« On n'a jamais une guerre d'une telle ampleur. C'est une guerre industrielle, totale, qui mobilise toutes les Nations. Elle est grande par sa taille, mais il y a aussi une dimension épique à l'époque », explique Jean-Yves Le Naour, historien. 

Pourquoi les poilus ? 

Mais pourquoi les soldats de la Première Guerre mondiale ont été baptisés "les poilus" ? Contrairement ce que l'on pourrait penser, cela n'a aucun rapport avec la toilette des hommes sur le front. Chaque soldat disposait de son nécessaire de toilette avec une petite glace, son blaireau, son savon et son rasoir mécanique.

« Le poilu est un gars viril, un homme courageux », raconte Jean-Yves Le Naour, historien, « Si vous regardez les photos de l'époque, vous verrez que tout le monde a une magnifique moustache parce que c'est la mode »

Pourquoi le bleuet et le coquelicot

Le coquelicot et le bleuet sont devenues les fleurs symboles de la guerre de 1914-1918. Le coquelicot est arboré par les Britanniques, le bleuet par les Français.  Pourquoi ces deux fleurs ? 

« Le bleuet faisait référence à la tenue bleue horizon des soldats français. Le coquelicot a été adopté par les Britanniques car c'est la fleur qui pousse sur les champs de bataille. Il symbolise le sang des hommes », explique Jean-Yves Le Naour, historien spécialiste de la Première Guerre mondiale. 

Quel rôle ont joué les femmes ?

Dans l'armée française, il n'y avait pas de femmes sur le front. C'était interdit à l'époque. En revanche, on trouve quelques combattantes dans les armées russe et serbe mais cela reste anecdotique. 

Mais les femmes ont joué un rôle très important pendant la Première Guerre mondiale. « Les hommes sont partis. Ce sont elles qui tiennent la ferme, la boutique, qui vont faire tourner les bureaux. Elles prennent les choses en main », raconte Jean-Yves Le Naour. 

Il y a des signes d'émancipation des femmes après la Première Guerre mondiale. « Certes, elles n'obtiendront pas le droit de vote en 1919, contrairement aux Allemandes, aux Britanniques et aux Américaines », précise l'historien, « mais on voit certains signes : les juges plus courtes, la coupe à la garçonne, la fin du corset. Les jeunes filles peuvent sortir sans chaperon, la dote a définitivement disparue. Et même chez les bourgeoise, on veut s'épanouir par le travail et plus seulement se marier et tenir salon. On est entré dans une autre société ».

Pourquoi l'armistice a-t-il été signé en forêt de Compiègne ?

L’armistice a été signé le 11 novembre 1918 à 5h15 dans un wagon dans la forêt de Compiègne dans l'Oise.  Les généraux allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant du train du maréchal Foch dans la clairière de Rethondes. 

« Quand le gouvernement allemand fait savoir aux autorités françaises qu’il est prêt à signer, le maréchal Foch se dit qu'il va réunir ses représentants à côté de Compiègne, dans une clairière au milieu d'un bois. Il ne voulait pas que ce soit dans une ville, de surcroît proche de Paris. Il ne voulait pas d'incidents ou d'insultes. Il ne souhaitait pas la présence de journalistes non plus », explique Jean-Yves Le Naour. 

Pourquoi l'expression "Enfer du Nord" est liée à la Grande Guerre ? 

On pourrait penser que l’expression « l'Enfer du Nord » est liée à la difficulté de la course cycliste Paris-Roubaix, avec ses pavés et notamment sa célèbre Trouée d'Arenberg. En réalité, elle est née en 1919 quand la course interrompue pendant la Première guerre mondiale a repris. 

Les coureurs ont du traverser des champs de ruines, des villes et des villages entièrement dévastés. Un journaliste a alors cette expression :"Ici, c'est l'enfer du Nord". L'expression est restée. « Aujourd'hui, ce n'est plus qu'une métaphore sportive. On a oublié que c'était d'abord lié à cette guerre effroyable », raconte Jean-Yves Le Naour.