Société

Grenade-sur-l'Adour : des habitants disent stop aux camions

Par Marie Rouarch, France Bleu Gascogne lundi 13 novembre 2017 à 20:09

Plusieurs centaines de camions passent sous les fenêtres de la mairie de Grenade-sur-l'Adour chaque jour
Plusieurs centaines de camions passent sous les fenêtres de la mairie de Grenade-sur-l'Adour chaque jour © Radio France - Marie Rouarch

Plusieurs centaines de camions traversent chaque jour Grenade-sur-l'Adour via la départementale 924. Les riverains n'en peuvent plus : ils organisent une opération escargot ce mardi matin pour dire non au bruit, à la pollution et au risque d'accident.

Ras-le-bol, écœurement, fatigue... Les riverains de la départementale 924, à Grenade-sur-l'Adour, n'en peuvent plus : cet axe, au cœur de la ville, est emprunté chaque jour par des centaines de camions qui évitent ainsi de passer par l'autoroute lorsqu'ils relient Bayonne à Pau, à Tarbes ou à Toulouse, par exemple. Ils se mobilisent donc ce mardi matin, avec une opération escargot, de 10 heures à 11 heures, et appellent également les habitants des communes voisines de Cazères-sur-l'Adour et Bordères-et-Lamensans à se joindre à eux.

"Regardez, les murs sont noirs de pollution, les façades fissurées avec les vibrations des camions, les volets restent fermés. Même les trottoirs sont défoncés", fait remarquer Nicole, membre de l'association "Grenade-sur-l'Adour et poids lourds, bastide en péril", à l'origine de la manifestation du jour. "Qui voudrait venir s'installer ici ? ajoute le co-président, Alain Ibos. Cette maison est en vente depuis quatre ans, personne n'en veut !"

Commerces fermés, maisons noires de pollution et fissurées... la rue se vide - Radio France
Commerces fermés, maisons noires de pollution et fissurées... la rue se vide © Radio France - Marie Rouarch

Aucune signalisation pour les piétons

Autorités et riverains ne sont pas d'accord sur le nombre de camions qui passent chaque jour au cœur de Grenade. Près de 400 selon un comptage du Conseil départemental des Landes. Beaucoup plus - jusqu'à un millier - pour les riverains, fatigués des nuisances. Et du danger. "Il ne faut pas compter emprunter les trottoirs le long de la départementale pour faire ses courses, explique Claudine. Il faut passer par les petites rues autour parce que quand deux camions se croisent, ils montent sur les trottoirs ou ils passent par-dessus les chicanes !" Certains commerces en font même les frais, avec des enseignes ou des climatisations littéralement arrachées !

Obliger les camions à prendre l'autoroute

L'association "Bastide en danger" propose plusieurs solutions : interdire véritablement aux camions hors desserte locale de passer par la ville et donc contraindre les transporteurs à passer par l'autoroute, voire négocier avec les sociétés d'autoroute pour qu'elles leur proposent des tarifs préférentiels ; aménager un sens de circulation à Grenade, avec des sens interdits, pour répartir le trafic sur deux axes plutôt que sur un seul ; ou encore, opter pour un contournement comme à Souprosse ou à Barcelonne-du-Gers. Une solution qui, par ailleurs, a été envisagée par le passé, sans jamais être concrétisée.

"Faut-il un accident grave à Grenade pour que nos élus agissent ?"

La situation de Grenade-sur-l'Adour fait fortement penser à celle de Nogaro, dans le Gers. À la différence, sans doute, que le soutien des élus est plus large à Nogaro. À Grenade, le maire et président de la communauté de communes du Pays Genadois, Pierre Dufourcq désapprouve la mobilisation. D'autant que, selon lui, des mesures ont déjà été prises : "des arrêtés ont été pris en 2014 pour interdire le passage des camions de plus de 7,5 tonnes, hors desserte locale... mais ils ne sont pas appliqués", reconnaît-il. Avant d'ajouter : "tous ces camions ne veulent pas éviter l'autoroute, certains font partie du tissu économique locale et assurent des emplois !"

Un bureau d'études bientôt mandaté

Pour le reste, il appelle à la patience. "Un bureau d'études va être mandaté par le Conseil départemental des Landes", explique Pierre Dufourcq. "Il nous fournira des propositions chiffrées et à partir de ça, on verra quelle organisation peut être mise en place en fonction des contraintes historiques et architecturales, foncières et financières du Département, de la commune et de la communauté de communes. J'attends une bonne analyse du terrain objective, neutre et détachée pour avoir le meilleur projet d'ici à juillet 2018, environ".

Par la mobilisation du jour, l'association veut donc sensibiliser habitants et élus de Grenade-sur-l'Adour au calvaire qu'ils vivent au quotidien, sur cette départementale 924, et accélérer le traitement de ce dossier.