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Société
Dossier : Grenelle des violences conjugales

Hébergement, plainte à l'hôpital, justice dédiée : les mesures annoncées pour lutter contre les violences conjugales

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Par , France Bleu, France Bleu Pays d'Auvergne

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé, en ouverture du Grenelle contre les violences conjugales ce mardi, des mesures pour lutter contre les féminicides et les violences subies par les femmes. Parmi elles, la création de 1.000 places d'hébergement et le dépôt de plainte à l'hôpital.

Le Premier ministre Édouard Philippe, entouré de plusieurs membres du gouvernement, à l'ouverture du Grenelle contre les violences conjugales.
Le Premier ministre Édouard Philippe, entouré de plusieurs membres du gouvernement, à l'ouverture du Grenelle contre les violences conjugales. © AFP - Eric FEFERBERG

Le gouvernement avait promis des "mesures fortes" dès l'ouverture du Grenelle contre les violences conjugales, ce mardi. En ouverture de ces rencontres, qui vont durer trois mois, le premier ministre Édouard Philippe a donc annoncé plusieurs mesures. Parmi elles, la création de 1.000 places d'hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales, la généralisation du dépôt de plainte à l'hôpital ou encore la promesse de la généralisation du bracelet électronique anti-rapprochement. Voici ce qu'il faut retenir de son discours. 

1.000 places d'hébergement pour les femmes battues 

Le Premier ministre a annoncé un plan de cinq millions d'euros pour créer 1.000 places d'hébergement et de logement d'urgence pour les femmes victimes de violences conjugales, notamment les mères de famille. Ces places seront créées à partir du 1er janvier 2020. Elles s'ajoutent aux 5.000 existantes, et se déclineront en 250 places "dans les centres d'hébergement d'urgence, pour assurer des mises en sécurité immédiates", et 750 places de "logement temporaire", pour des périodes comprises entre six mois et un an, a précisé le chef du gouvernement. Les associations demandaient la création, avant la fin de l'année, d'au moins 2.000 places d'hébergement dédiées.

Porter plainte à l'hôpital 

Le gouvernement va également "généraliser la possibilité de porter plainte à l'hôpital", a indiqué le Premier ministre. "Quand une femme se rend aux urgences pour coups et blessures, c'est déjà suffisamment pénible. Si elle doit retourner chez elle avant de porter plainte, elle retrouvera son conjoint qui risque de la menacer", a expliqué Édouard Philippe. La possibilité de porter plainte à l'hôpital sera généralisée à partir du 25 novembre, date de la fin de ce Grenelle.

Un audit dans les commissariats et gendarmeries pour mieux entendre les victimes 

Édouard Philippe a également annoncé qu'un audit serait mené par le ministère de l'Intérieur dans 400 commissariats et gendarmeries, "afin d'examiner la façon dont les femmes de victimes conjugales sont accueillies, afin d'identifier les dysfonctionnements et de les corriger". "Nous n'avons pas fait le nécessaire pour que la bonne réponse soit donnée dans ces circonstances", a reconnu Édouard Philippe. 

Le bracelet anti-rapprochement plus largement utilisé ?  

Cité comme une solution efficace par les associations mais sous-utilisé en France, le bracelet anti-rapprochement fait partie de l'arsenal pour lutter contre ce type de violences. "J'ai bon espoir que le bracelet anti-rapprochement puisse être très largement mis en place dès cette année", a déclaré Édouard Philippe. Pour lui, il doit être mis en place y compris "avant toute condamnation", par exemple dans le cadre d'un contrôle judiciaire ou d'une ordonnance de protection.

Une justice dédiée pour des dossiers traités en 15 jours 

La justice va également déployer des moyens dédiés : des "procureurs référents" vont être mobilisés, et des "chambres d'urgence" vont être mises en place dans les tribunaux.

Des "procureurs référents spécialisés" dans les violences conjugales seront identifiés "dans les 172 tribunaux de France métropolitaine et outre-mer", a précisé Édouard Philippe. "Nous expérimentons ces chambres d'urgence pour que les dossiers soient traités en 15 jours avec une meilleure articulation des différents acteurs judiciaires. La première expérimentation aura lieu à Créteil", a-t-il précisé. Les associations demandaient la création d'instances judiciaires spécialisées.

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