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Société
Dossier : Grenelle des violences conjugales

Grenelle des violences : l'association "Passible", à Grenoble, écoute la parole des maris violents mais manque de moyens

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Par , France Bleu Isère

L'association grenobloise Passible soigne depuis 2008 les auteurs de violences mais déplore le manque de moyens qu'on lui donne. Elle risque de mettre la clef sous la porte dans un an. Un comble à l'heure du Grenelle sur les violences conjugales, lancé aujourd'hui par le gouvernement.

Collage de message dénonçant les violences faites aux femmes
Collage de message dénonçant les violences faites aux femmes © Radio France - Stéphanie Berlu

Grenoble, France

"Passible", c'est le nom d'une association unique en France qui depuis 2008, à Grenoble, reçoit des auteurs de violences conjugales pour un suivi thérapeutique. Quatre psychologues y assurent à tour de rôle des permanences les lundi, mardi et jeudi. Ces professionnels consultent sur rendez-vous.

800 entretiens par an

Ils reçoivent les hommes violents, sur demande de la justice, certains viennent d'eux-mêmes, car ils veulent se soigner et comprendre d'où vient la violence qui est en eux. Ils accueillent aussi des couples, qui vivent des situations de violences mais ne veulent pas se séparer et beaucoup plus rarement des femmes, qui maltraitent leurs conjoints. Au total, chaque année, 80 personnes sont suivies par l'association.

Des traumatismes infantiles graves, souvent à l'origine de la violence de l'adulte

La violence conjugale sévit dans tous les milieux sociaux, même les plus favorisés. Pour Nelly Janin-Quercia, psychologue dans l'association Passible, depuis sa création, chaque cas est particulier : " C'est toujours très complexe. Nous, nous sommes là pour soigner, pas pour juger les auteurs de violences. Cela, c'est le rôle de la police, de la justice. On s'aperçoit qu'il y a toujours un traumatisme infantile grave derrière un homme qui frappe sa femme."

Faire de la prévention dès le plus jeune âge

C'est pourquoi l'association voudrait mettre l'accent sur la prévention dès le plus jeune âge : "Il faudrait pouvoir aller dans les écoles, parler des relations filles-garçons. De la façon dont on gère ses émotions et son rapport à l'autre. Il faudrait repérer les enfants qui vivent des situations de violence dans leur famille et pouvoir ainsi casser ce cercle infernal qui fait que la violence peut se reproduire de génération en génération."

Pour l'association Passible, la prévention et l'accompagnement thérapeutique des auteurs de violences conjugales sont efficaces pour éviter à terme le nombre croissant de féminicides que l'on connait actuellement en France. "Mais le problème, c'est que l'on nous supprime peu à peu nos subventions" déplore Nelly Janin-Quercia.

"Passible" risque de fermer l'an prochain, faute de subventions

Le budget était de 70.000 euros annuels voici quelques années. Il s'est réduit comme peau de chagrin. "Aujourd'hui, nous survivons grâce à un mécène privé, mais nous risquons de mettre la clef sous la porte l'an prochain !"

Les membres de l'association veulent rester positifs mais sont un peu amers, tandis que le gouvernement vient de lancer son Grenelle des violences conjugales : " C'est paradoxal ! On annonce déjà des mesures mais on oublie les financements qui vont avec ! Depuis 11 ans, nous avons acquis un vrai savoir-faire en la matière. Il faudrait nous écouter et nous aider à poursuivre notre mission" conclut la psychologue.

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