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Grève contre la réforme des retraites : ces secteurs qui continuent de se mobiliser dans le Nord

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Par , France Bleu Nord

Après une semaine un peu plus calme, les opposants à la réforme des retraites sont de nouveau dans la rue ce vendredi. Une manifestation régionale est prévue à Lille à 14h30. Le conflit s'enlise et la majorité des syndicats réclament toujours la suppression pure et simple du projet de réforme.

Plus d'un millier de Nordistes ont participé à la marche aux flambeaux contre la réforme des retraites ce jeudi soir.
Plus d'un millier de Nordistes ont participé à la marche aux flambeaux contre la réforme des retraites ce jeudi soir. © Radio France - Willy Moreau

Les opposants toujours en marche contre la réforme des retraites. Ce vendredi, des manifestants vont de nouveau défiler dans les rues de Lille notamment pour demander le retrait du projet. Mercredi soir, à la bourse du travail du quartier Fives, des centaines de personnes se sont rassemblées avec pour objectif d'alimenter une caisse de grève. 

Enseignants-chercheurs et caisse de grève

La soirée, organisée dans les locaux du syndicat Sud Rail, a été imaginée par les enseignants-chercheurs de l'Université de Lille suite à l'annulation des vœux du Président de l'Université, Jean-Christophe Camart, pour cause de mouvement social en cours. Trois enseignants-chercheurs s'improvisent comédiens et parodient une cérémonie devant des sièges vides censés représenter l'administration de l'Université. 

Le ton se veut léger mais le discours cache difficilement l'amertume des enseignants-chercheurs. Nouveaux locaux, fin des contrôles à l'entrée des campus, titularisation des vacataires, baisse des frais pour les étudiants non-européens : la liste des requêtes est longue. Mais celle qui fait consensus et pour laquelle des centaines de personnes se sont joints à la soirée : le retrait de la réforme des retraites. 

Une caisse de grève a déjà rassemblé près de 10.000 euros à l'Université de Lille.

En fond de la salle, des tables installées bout à bout forment un bar de fortune où chacun peut acheter boissons et collations. Les recettes sont reversées à une caisse de grève de l'Université. Il y a un mois environ, l'association Les Amis de l'Université de Lille1 (L'AMUL), ont créé une cagnotte sur internet pour compléter le salaire des professeurs en grève. Elle rassemble près de 11.000 euros. "Mais la caisse va se doter de principes qui permettront d'abord à ceux qui ont les plus petits salaires d'être aussi dans le mouvement", précise Judith Hayem, maître de conférences en anthropologie et gréviste.

François Anquez, maitre de conférence en physique à l'Université de Lille.

Près d'elle, François Anquez acquiesce. Maître de conférences en physique et gréviste, lui aussi, il aimerait que tous les services puissent se mobiliser. La prime annoncée par exemple par le gouvernement ne lui suffit pas : "Ces primes n'ont pas été annoncées pour tous les gens qui font que les missions d'enseignements puissent être faites. Je pense au personnel administratif, le personnel technique, aux ingénieurs ou aux techniciens. Ces gens qui font qu'on peut faire notre travail aujourd'hui. On demande donc aussi qu'on relève le point d'indice de tous les fonctionnaires"

Etudiants et mobilisés

Des caisses ont aussi vu le jour dans les locaux de l'Université. Des étudiants comptent multiplier les actions dans les prochaines semaines. La réforme des retraites a fait sortir pour la première fois dans la rue, Salma, en sociologie. Pour elle, c'est une remise en cause de la philosophie du système de retraite actuel et la capitalisation sur fonds de pension. Elle craint l'accroissement des richesses et s'investit depuis des semaines pour faire reculer le gouvernement, entre deux révisions de cours. 

Salma, étudiante en sociologie, sacrifie son sommeil pour manifester contre la réforme des retraites.

Selon elle, le mouvement "est en train de prendre à l'Université de Lille". Des étudiants qu'elle considère plus éloignés ou "moins sensibilisés" à cette lutte se rapprochent d'elle. "Une victoire déjà", sourit-elle. Elle prévient cependant : "ce n'est qu'un début". Des étudiants pourraient se rassembler prochainement sous une banderole commune lors des prochains cortèges prévus à Lille. 

Cheminots et lassitude

Dans la salle de la bourse du travail, ils se sont faits discrets au début de la soirée. Il faut dire qu'ils centralisent une place importante du débat médiatique et politique. Quelques cheminots s'avancent, prennent la parole et assènent un discours qu'ils martèlent depuis près de 50 jours. "En 2019, on s'est battu pour notre statut, lance François Gruson, secrétaire général CGT Cheminots de Lille. En 2020, on se bat pour tout le monde". La salle applaudit. 

Reste qu'après quasiment deux mois de grève, le porte-feuille en prend un coup. "En décembre j'ai déjà eu neuf jours de décompter, calcule Damien, cheminot lillois. Les fiches de paie du mois de janvier ne sont pas encore tombées mais je suis en grève depuis 46 jours donc ce seront des payes soit à zéro euro dès le mois de janvier soit qui seront très amputées". Ce vendredi, le trafic des TGV est quasiment normal selon la SNCF et 6 TER sur 10 devraient rouler dans la région Hauts-de-France.

Infirmiers et contraints de travailler

Ils se sont mobilisés contre la réforme de l’hôpital mais depuis le début du mouvement de grève contre la réforme des retraites, on les voit peu dans la rue. Et pour cause, les infirmiers sont contraints de travailler, en astreinte, continuité du service oblige. Marine, infirmière en onco-hématologie dans un hopital privé de la métropole lilloise tente de se mobiliser mais ce n'est pas toujours évident. 

Pas facile pour Marine, infirmière, de manifester et faire grève.

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