Société

Grève des puéricultrices du CHU de Bordeaux : "On est à bout"

Par Mélanie Juvé, France Bleu Gironde mardi 4 avril 2017 à 16:42 Mis à jour le mardi 4 avril 2017 à 19:08

Une partie du personnel du service de néonatalogie devant l'hôpital Pellegrin.
Une partie du personnel du service de néonatalogie devant l'hôpital Pellegrin. © Radio France - Mélanie Juvé

Le personnel du service de néonatalogie du CHU de Bordeaux est en grève illimitée depuis hier. Plus d'une soixantaine de puéricultrices et auxiliaires de puériculture, qui prennent en charge les bébés prématurés, demandent que la direction leur ouvre 13 postes en plus.

"Personnel épuisé", "Néonat en colère", voilà ce qu'on peut lire sur les banderoles accrochées devant l'hôpital Pellegrin de Bordeaux. Ce mardi matin elles étaient une vingtaine, sur la soixantaine de grévistes, à se rassembler sous la bannière de la CGT CHU de Bordeaux pour une Assemblée générale.

Elles demandent l'ouverture de dix postes de puéricultrices et de trois postes d'auxiliaires de puériculture dans leur service de néonatalogie qui compte 84 personnes aujourd'hui. Et la mise en place d'un roulement fixe des équipes de jour et de nuit. Depuis quelques années"la prise en charge des bébés prématurés prend de plus en plus de temps, et le niveau des soins augmente", expliquent-elles. Mais les effectifs eux, n'augmentent pas.

Une charge de travail "trop lourde"

Nouvelles tâches, nouvelles machines à maîtriser...."La préparation des biberons est une tâche de plus qui a été allouée aux auxiliaires, explique Juliette, infirmière du service. Cela leur prend plusieurs heures de préparation dans la journée. C'est au détriment des changes des enfants par exemple, et de la prise en charge des bébés qu'il leur sont attitrés chaque jour".

Les puéricultrices et auxiliaires dénoncent un manque de formation et une alternance fréquente entre jours et nuits de travail.... ce qui pousse certaines d'entre elles à se mettre en arrêt maladie. "Du coup on est appelées sur nos jours de repos pour venir remplacer les collègues en arrêt, ajoute Sarah, auxiliaire de puériculture. Sauf que souvent on ne récupère ces jours que quelques mois plus tard. On est à bout",

"On peut faire jusqu'à 53 heures par semaine si on roule de jour et de nuit. Et avoir une seule journée de repos" — Juliette, infirmière

Le service de néonatalogie prend en charge 24 bébés prématurés, nés à partir de 25 semaines. "Ces bébés peuvent peser entre 600 et 1 500 grammes, explique Sarah. Ils ont très peu de peau, de chair... on doit faire des gestes au ralenti, et ça demande du temps".

Fabrication de banderoles devant l'hôpital Pellegrin - Radio France
Fabrication de banderoles devant l'hôpital Pellegrin © Radio France - Mélanie Juvé

Caroline est puéricultrice : "Avec plus d'effectifs, on pourrait améliorer les soins de développement spécifiques aux bébés prématurés. Par exemple, la limitation du bruit, de la luminosité, et le travail à quatre mains pour des soins plus doux."

La direction souhaite embaucher deux puéricultrices en CDD cet été. "Insuffisant" pour le personnel, qui a indiqué qu'un rendez-vous avec la direction était prévu jeudi prochain. En attendant il compte maintenir la grève tant qu'il n'y aura pas "une réelle augmentation des effectifs."