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Société

Grève générale en Guyane : un Castelroussin installé près de Cayenne témoigne du quotidien pendant la mobilisation

mercredi 29 mars 2017 à 22:24 - Mis à jour le jeudi 30 mars 2017 à 8:31 Par Armêl Balogog, France Bleu Berry et France Bleu

Mardi 28 mars, plus de 12.000 personnes ont manifesté à Cayenne et Saint-Laurent du Maroni. Plusieurs voies sont bloquées depuis trois jours. Anthony Porcheron décrit une vie au ralenti pendant la grève générale.

Des Guyanais lors de la manifestation historique du mardi 28 mars 2017 à Cayenne
Des Guyanais lors de la manifestation historique du mardi 28 mars 2017 à Cayenne © Maxppp - Bernard Bosc

Châteauroux, France

"Je suis à quelques centaines de mètres d’un rond-point bloqué", explique Anthony Porcheron, installé à Remire-Montjoly, une ville limitrophe de Cayenne où des milliers de personnes se mobilisent depuis lundi 27, "évidemment moi ça ne m’arrange pas trop de ne pas pouvoir aller travailler", confie le professeur de tennis de 36 ans.

La vie à Cayenne pendant la "grève générale"

Depuis trois jours de grève générale, la situation a un peu évolué. "Le matin, les gens vont travailler et puis vers 13h à peu près, les patrons disent à tout le monde de rentrer pour ne pas être bloqués ensuite dans la soirée."

Le Guyanais d’adoption explique "ne pas trop savoir comment ça va évoluer", alors que les "500 frères", à l’initiative du mouvement, ont annoncé mercredi 29 mars qu’ils allaient négocier avec les deux ministres dépêchés sur place par le premier ministre Bernard Cazeneuve, à savoir Matthias Fekl, le ministre de l’Intérieur, et Ericka Bareigts, la ministre des Outre-mer :

Les épiceries ont tendance à ne plus être ravitaillées donc les stocks vont commencer à s’amoindrir. Je ne sais pas comment ça va se passer. – Anthony Porcheron

"Ils ont laissé passer tout ce qui est ravitaillement en gaz et essence quand même. Ils avaient parlé de faire grève générale sur l’eau et l’électricité mais ils ont annulé", raconte-t-il.

L’éducation et les services publics, moins bons qu’en métropole ?

Les manifestants dénoncent de trop grandes différences entre la métropole et leur département, où le taux de chômage a atteint 22,3 % de la population active, plus du double du taux métropolitain. Ils déplorent le manque de médecins, moitié moins qu’en métropole proportionnellement au nombre d’habitants. Enfin les Guyanais dénoncent un système éducatif inégal. Et en effet, Anthony Porcheron a constaté plusieurs différences. "Dans les administrations, on sait que les choses vont moins vite ou prennent du retard", explique-t-il, avant de parler de l’insatisfaction de certains concitoyens en matière d’éducation.

Il a observé que "pas mal de parents" partaient s’installer en métropole une fois que leurs enfants atteignaient l’âge d’aller au collège, car la "réputation de l’éducation" sur le département d’Outre-mer n’est pas assez bonne. Le professeur de tennis a plusieurs amis qui enseignent et qui "voient que c’est un autre degré d’éducation".

Sécurité : des lieux et des horaires à éviter

Les Guyanais se plaignent aussi de la hausse de l’insécurité, dans ce département considéré comme le plus meurtrier de France en 2016, avec 42 homicides pour une population de 250.000 habitants. Les chiffres du ministère de l’Intérieur sont éloquents : trois fois plus de violences volontaires, quatre fois plus de vols violents sans arme, treize fois plus de vols avec arme qu’en métropole. "L’insécurité, je ne peux pas dire que moi je la ressens", nuance Anthony Porcheron. "Je n’ai eu aucun problème depuis les trois ans que je suis là." Mais il reconnaît qu’il ne fréquente pas les "quartiers chauds" où se produisent la plupart des actes violents ni les zones à risques, comme les endroits non éclairés. Et qu’étant un homme, il est peut-être moins chamaillé qu’une femme.

"C’est sûr que les gens en ont marre de ne pas être libre d’aller n’importe où, d’aller à la plage le soir. Comme ce n’est pas éclairé, il y a beaucoup de personnes qui vont en profiter pour vous racketter votre portable", déplore le tennisman.

Ça ne tourne pas comme ça pourrait tourner. – Anthony Porcheron