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"On est épuisés" : les soignants en service réanimation à Poitiers en grève

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Par , France Bleu Poitou

Les soignants du service réanimation ont fait grève ce mardi à Poitiers, comme dans une centaine d'hôpitaux français, pour dénoncer les conditions de travail et le manque d'effectifs, encore plus prégnant depuis le début de la crise sanitaire.

Une cinquantaine de soignants en grève des services de réanimation s'est rassemblée ce mardi midi devant l'hôpital
Une cinquantaine de soignants en grève des services de réanimation s'est rassemblée ce mardi midi devant l'hôpital © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

"Héros d'un jour, larbins toujours" : sur la grande banderole accrochée à l'entrée de l'hôpital de Poitiers, le ton est donné. Alors que la troisième vague de covid reflue lentement dans les services de réanimation, ces derniers ont fait grève symboliquement ce mardi dans toute la France, pour dénoncer le manque d'effectifs. 

Sous-effectifs constants

"Psychologiquement épuisée, physiquement épuisée... Épuisée tout court en fait", lance Adélaïde Gauvin, aide-soignante en réanimation médicale depuis 10 ans. "On a une aide-soignante pour quatre patients, c'est insuffisant en temps normal, précise-t-elle. Et là, on jongle entre les patients covid, en isolement complet, et les autres." Chaque fois, il faut s'équiper, changer de tenue et de protection entre chaque, de quoi rallonger les temps de prise en charge. 

Faute de pouvoir compter sur des renforts extérieurs depuis la fin de la première vague, "c'est une surcharge de travail et des heures supplémentaires pour l'équipe, y compris le week-end", explique Céline Saborault, infirmière en réanimation. Selon elle, "la situation s'est dégradée depuis 5 à 10 ans", et la crise sanitaire fait déborder le vase. Elle craint de voir les arrêts maladie se multiplier parmi ses collègues.  

Des soignants ont débrayé symboliquement avant d'entamer leur journée de travail dans les services de réanimation
Des soignants ont débrayé symboliquement avant d'entamer leur journée de travail dans les services de réanimation © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Manque de reconnaissance

C'est aussi le manque de formation que dénoncent les équipes. Elle se fait d'ordinaire au sein des services, en doublon des collègues plus expérimentés, mais avec la saturation des réanimations, les jeunes soignants en pâtissent. "On a _parfois des formations de deux semaines ou moins_, lance Maxime Bruneau. C'est trop peu, on est lâchés dans le bain !"

Les débuts ont même été chaotiques pour sa collègue infirmière. "Je devais faire quatre semaines en doublon, et j'en ai fait une de moins à cause du manque de personnel, explique Sarah Maillet, diplômée en février dernier. Le premier week-end, on m'a basculé sur un poste d'infirmière volante dans tous les secteurs, c'est un des plus durs. Aujourd'hui, j'ai un secteur avec un patient sous assistance respiratoire et je n'ai jamais été forméesur ça !"

Les primes accordées par le gouvernement dans le cadre du Ségur de la Santé l'an dernier et de la crise sanitaire ne suffisent pas aux yeux des soignants. Ils réclament des revalorisations salariales plus durables, mais surtout davantage de temps pour pouvoir prendre soin des patients.

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