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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Guerre 14-18 : l'histoire de Jean-Baptiste Bousquet, poilu de la vallée d'Aspe, suicidé pour la France

mercredi 7 novembre 2018 à 17:34 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Danny Barraud, historien de l'association "mémoire d'Aspe", a retracé le parcours des poilus de la vallée d'Aspe. Parmi eux, le maréchal-ferrant de Bedous, qui s'est pendu dans une chambre de l’hôpital militaire de Château-Thierry, quand il a appris qu'il allait être renvoyé au front.

Le nom de Jean-Baptiste Bousquet parmi les "morts pour la France" de Bedous
Le nom de Jean-Baptiste Bousquet parmi les "morts pour la France" de Bedous © Radio France - Daniel Corsand

Bedous, France

L'histoire de Jean-Baptiste Bousquet n'est pas un cas isolé. Face à l'horreur, beaucoup ont reculé. Des mutins, des fusillés pour l'exemple, et aussi des soldats qui ont mis fin à leurs jours. Plusieurs des poilus de la vallée d'Aspe, se sont "enfuit" de cette manière.  Sur le monument aux morts de Bedous, parmi les 63 noms, figurent deux suicidés : Jean Apatie, 26 ans. Il s'est tiré une balle dans la tête dans une tranchée de la Marne le 2 mai 2017, après trois ans en première ligne. Et donc Jean-Baptiste Bousquet, retrouvé pendu dans un hôpital militaire de l'Aisne. 

Jean-Baptiste Bousquet est un poilu plus âgé que les autres. En 1917, il a 39 ans.  C'est le forgeron de Bedous. Il est aussi pompier volontaire dans la commune. Il est marié avec une fille de Gurmençon, prés d'Oloron. Ils ont trois enfants quand il est mobilisé en 1914. Avec le 143ème régiment d'infanterie territorial, il est en première ligne dès les premiers jours.

Sa famille en difficulté à Bedous

A plusieurs reprise, Jean-Baptiste écrit à Joseph Carles, le maire de Bedous, pour lui demander d'aider les siens. Sa femme ne peut évidemment pas faire tourner la forge à sa place. À Bedous, les Bousquet ont de gros problèmes d'argent. On ne sait pas pourquoi il a été admis à l'hôpital militaire de Château-Thierry dans l'Aisne. Son régiment se prépare à participer à une nouvelle offensive. Le 2 mai 1917, Jean-Baptiste Bousquet est retrouvé pendu dans sa chambre.

L'administration militaire ne l'inscrit pas dans la liste des soldats morts pour la France. Dans son dossier, il n'y a qu'une seule phrase pour expliquer son geste, sans doute trop courte : "mort par suicide suite à un délire alcoolique". Le maire de Bedous connaissait parfaitement la situation et l'histoire de Jean-Baptiste Bousquet. Il a sans doute tenu à ce que les deux suicidés de sa commune soient à leurs places, sur le monument aux morts.

À l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre, Emmanuel Macron a entamé ce dimanche à Strasbourg une "itinérance mémorielle", un déplacement dans les lieux emblématiques des batailles de la Grande Guerre dans les départements du Grand-Est et des Hauts-de-France. Toute cette semaine, France Bleu Béarn s'intéresse aux poilus de la vallée d'Aspe et à l'impact de la guerre 14-18 dans le Béarn. Cet article a été réalisé grâce au travail extraordinaire de l'association "mémoire d'Aspe" et de son historien Dany Barraud.