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Société

La handballeuse de Fleury Louise Sand arrête sa carrière et annonce être trans

mercredi 9 janvier 2019 à 14:35 Par Jérémy Marillier, France Bleu Orléans et France Bleu

A 26 ans, la handballeuse suédoise de Fleury Louise Sand met fin à sa carrière et annonce être trans, "je suis née dans le mauvais corps", dit-elle. Elle quitte le monde du handball pour suivre un traitement hormonal.

Louise Sand avec le maillot de la Suède
Louise Sand avec le maillot de la Suède © Maxppp - Maxppp

Fleury-les-Aubrais, France

Nous vous l'avions annoncé en début de semaine sur France Bleu Orléans : Louise Sand, l'ailière gauche de Fleury, internationale suédoise (105 sélections) mettait un terme à sa carrière. Dans un bref communiqué, le club loirétain précisait que sa joueuse voulait "prendre soin de sa personne" et "se concentrer sur une nouvelle vie". Quelques heures après ce communiqué, Louise Sand a apporté des précisions dans un podcast diffusé sur Spotify. La Panthère annonce avoir entamé un processus pour que soit reconnue sa "dysphorie de genre", une inadéquation entre le sexe assigné à la naissance et l'identité de genre. 

Je suis née dans le mauvais corps" - Louise Sand

Pendant de longues minutes et avec un long post sur Instagram, Louise Sand explique "ne plus pouvoir mentir". "Je vais très mal depuis quelques temps et j'ai toujours connu la raison : je suis née dans le mauvais corps... Les gens m'ont aimée et m'ont acceptée comme j'étais, mais je ne veux plus porter la haine de moi-même, ce malaise à l'intérieur de mon corps et à cause de mon corps".

Des Ministres suédois saluent sa décision

Louise Sand (ou plutôt Loui, comme on l'appelait déjà) arrête donc sa carrière pour suivre un traitement hormonal. En Suède, cette annonce fait la une des médias. La Ministre des sports suédoise, Annika Strandhäll, salue "son courage", "l'importance de ce coming out". L'équipe de handball de Suède lui souhaite "bonne chance pour son prochain match, bien plus important que n'importe lequel joué sur un terrain de hand".

Jusqu'en 2012 en Suède, les transsexuels devaient subir une stérilisation forcée pour changer de sexe à l'état civil. Dans son message, Loui Sand ironise sur cette situation ("Adoptée en Suède, de peau noire, lesbienne et désormais trans...") mais elle le répète, elle ne veut plus se mentir, se cacher, au risque de susciter parfois de la haine autour d'elle.

Louise Sand précise que tout s'est bien passé pour elle avec le club de Fleury-les-Aubrais mais que sa vie, désormais, n'est plus sur les terrains de handball. Le président du club, Jean-Pierre Gontier, déplore cette perte sportive mais salue la "très grande correction" de la Suédoise, lui souhaitant "de vivre mieux dans sa tête et dans son corps"La Suédoise va sans doute rester vivre en France puisque sa compagne, une internationale suédoise de football, joue actuellement au PSG.

Trois questions à Christophe Desportes-Guilloux, du Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret (GAGL45)

France Bleu Orléans: Cette question de la transidentité est-elle de plus en présente aujourd'hui, dans le quotidien de votre association?

Christophe Desportes-Guilloux: Cela augmente considérablement. En France, on estime aujourd'hui qu'une personne sur 500 est transgenre. Le sujet devait sortir un jour et peut-être que nous sommes à un moment où l'on parler de ces questions là, se demander ce qu'est un homme, ce qu'est une femme. Les gens se sentent sans doute plus libres pour parler du sujet. 

Cela se confirme notamment dans les établissements scolaires loirétains?

Lors de l'année scolaire 2017-2018, nous n'avions eu qu'un cas d'élève transgenre dans un collège du Loiret. Depuis la rentrée en septembre dernier, nous en sommes à dix dans les collèges et les lycées du département. C'est évidemment beaucoup de surprise pour les équipes pédagogiques qui ne savent pas toujours comment gérer ces situations (comment les appeler, au masculin ou au féminin, comment gérer les vestiaires, comment gérer les toilettes?). Cependant, il y a beaucoup de bienveillance parmi ces équipes éducatives et nous essayons, avec le GAGL45, de les accompagner au maximum.

Le contexte juridique et législatif peut-il contribuer à cette évolution? 

La loi française a changé il y a maintenant deux ans et les démarches sont plus faciles pour changer l'état civil des personnes transgenres. Avant cette loi de 2016, pour changer la mention "sexe masculin" ou "sexe féminin" sur l'état civil, il fallait avoir des diagnostics médicaux, des traitements hormonaux, des opérations chirurgicales et avoir été stérilisé. Après cela, on pouvait engager des démarches juridiques pouvant durer trois ans. Aujourd'hui, il n'y a plus aucune condition médicale. Il suffit de déposer une requête au Tribunal de Grande Instance, suivie ou pas d'une audience, avec une décision tombant six ou huit semaines après. Désormais, les personnes se disent plus facilement "je vais pouvoir changer de vie".