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Société

Harcèlement de rue : dans le Finistère, le projet de loi contre les violences sexistes fait débat

mercredi 16 mai 2018 à 5:04 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Breizh Izel

Depuis ce lundi, les députés examinent le projet de loi visant à renforcer la répression des violences sexistes et sexuelles. Concernant le harcèlement de rue, le projet prévoit de créer un "outrage sexiste", passible de 90 euros d'amende immédiate. Dans le Finistère, l'idée fait débat.

Depuis l'affaire Weinstein, rien ne semble avoir changé dans les rues.
Depuis l'affaire Weinstein, rien ne semble avoir changé dans les rues. © Maxppp - ARNAUD DUMONTIER

Quimper, France

"Un jour, quelqu'un est venu me parler pour me demander si je faisais la pute." Dans les rues de Quimper, Marion raconte cette histoire la voix nonchalante. Comme si, finalement, elle finissait par s'y habituer.

Peu de femmes affirment ne jamais avoir connu le harcèlement de rue. Des paroles, des insultes, se faire siffler ou de simples regards. "Maintenant, je ne mets plus de jupe, déclare Jade. On a l'impression qu'il y a des lasers dans les yeux de certains. On est gênées, on baisse la tête."

"S'il n'y a personne pour constater les faits, ce sera parole contre parole" - Loïc Queffelec, syndicat Alliance

Le projet de loi examiné en ce moment à l'Assemblée nationale prévoit de verbaliser les harceleurs. Dès qu'un policier ou un gendarme les surprennent en flagrant délit d'importuner une femme, les fautifs devront payer une amende immédiate de 90 euros.

"C'est pas très cher, je trouve", commente Erwan. "Se prendre une amende ?, sourit Marie. Ça ne marchera pas. C'est comme les excès de vitesse." "C'est déjà une avancée, tempère Jade. On veut faire avancer les choses et c'est déjà bien."

"Il fallait une loi sur le harcèlement de rue" - Laurent Boulch, directeur du CIDFF Finistère

Les syndicats de police, eux aussi, sont sceptiques. "Il faut avoir la victime et le harceleur sous les yeux, explique Loïc Queffelec, délégué du syndicat Alliance à Quimper. Mais si les policiers ne sont pas là, comment fait la victime ? Elle ne peut pas maintenir le harceleur sur place le temps qu'ils arrivent. Donc il n'y aura personne pour constater les faits, et ce sera parole contre parole."

"On a trop banalisé ces faits" - Laurent Boulch, directeur du Centre d'Informations sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) dans le Finistère.

Quelle que soit la réponse apportée au harcèlement de rue, il faut légiférer. C'est l'idée de Laurent Boulch, directeur du Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) dans le Finistère, qui estime que la loi va dans le bon sens. "Je ne sais pas si l'amende de 90 euros sera efficace, mais jusque-là il n'y avait aucune réponse pénale au harcèlement de rue. Alors oui, il faut une loi là-dessus."

"La loi sera compliquée à mettre en oeuvre sur le terrain." - Loïc Queffelec, délégué du syndicat Alliance à Quimper