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Société

Harcèlement sexuel : victime de "trolls", le numéro "anti-relous" désactivé

lundi 30 octobre 2017 à 18:34 - Mis à jour le mardi 31 octobre 2017 à 10:19 Par Thibaut Lehut et Julien Baldacchino, France Bleu

Lancé vendredi, le numéro "anti-relous" censé sensibiliser au harcèlement sexuel est victime de son succès. Mais pas seulement : selon les créateurs ce lundi, des "trolls" font tout pour provoquer une surchauffe du dispositif. Lundi soir, il a été suspendu.

Près de 10.000 messages ont déjà été envoyés au 06 44 64 90 21, sur la seule journée de lundi, portant le total de messages reçus, depuis vendredi, plus de 25.000.
Près de 10.000 messages ont déjà été envoyés au 06 44 64 90 21, sur la seule journée de lundi, portant le total de messages reçus, depuis vendredi, plus de 25.000. © Maxppp -

Le principe est simple : un homme réclame avec insistance le numéro de téléphone d'une femme. Cette dernière fait mine d'accepter mais lui donne en réalité le 06.44.64.90.21. Lorsque l'homme envoie par la suite un SMS à ce numéro, il reçoit un message automatique l'avertissant qu'il a dépassé les bornes et qu'il ferait bien de manifester un peu plus de respect envers la gente féminine.

"Certaines personnes envoient des messages par milliers"

Fort de son succès, le 06.44.64.90.21 a reçu 10.000 messages sur la seule journée de lundi (25.000 en tout depuis vendredi). Mais les créateurs - deux militants féministes - dénoncent le parasitage opéré par des "trolls". "On s'est rendus compte, avec Elliot Lepers, que certaines personnes envoient des messages mille par mille", raconte Clara Gonzales à franceinfo. Une volonté, selon eux, de saturer le serveur ou d'engendrer des frais d'envoi importants pour les deux créateurs.

"Comme toujours, des adolescents s’amusent à attaquer les initiatives féministes, avec la complicité du forum 18-25 du site jeuxvideo.com", enrage Elliot Lepers. "Nous traversons une expérience identique à chaque nouveau projet militant. C’est triste et rageant de voir que ces personnes tiennent absolument à diviser la société."

L'objectif : inscrire le dispositif dans la durée

Après avoir annoncé dimanche la désactivation temporaire du numéro, Elliot Lepers et Clara Gonzales l'ont finalement maintenu lundi mais ont dû trouver des moyens de réduire les coûts. Un SMS "anti-relous" revient actuellement à 16 centimes d'euro, pour les recevoir, et pour les envoyer. Les créateurs du numéro ont dû mettre en place un SMS de réponse plus court, en deçà de 140 caractères, pour réduire les frais. Ils s'élèvent désormais à 8 centimes d'euros.

Malgré cette baisse des coûts, le numéro a à nouveau été suspendu lundi soir. Sur les 25.000 messages reçus, 16.000 étaient malveillants, selon les créateurs du dispositifs, parfois envoyés "mille par mille". Ils ont évoqué la possibilité de lancer des poursuites judiciaires contre les "trolls".

Clara Gonzales et Elliot Lepers ont lancé une cagnotte sur le site de financement participatif Leetchi, qui atteignait, ce lundi après-midi, près de 2.000 euros."Pour l'instant, la cagnotte va durer deux mois. Nous allons laisser un peu retomber cet emballement médiatique et faire le point dans une semaine. L'objectif est de faire durer cette initiative autant que nous le permettra l'argent récolté", précise Clara Gonzales.